EMDR et IMO : distinguer les preuves, les promesses et les précautions
4 min de lecture
Réponse express : L’EMDR est une psychothérapie recommandée pour le trouble de stress post-traumatique (TSPT). Elle demande une évaluation et un accompagnement professionnel ; elle ne promet pas de guérir « en un clin d’œil ». Les références sur l’EMDR ne prouvent pas à elles seules l’efficacité de l’IMO.
Mise à jour rédactionnelle du 11 septembre 2026 : les promesses de rapidité, les explications cérébrales trop affirmatives et l’assimilation entre EMDR et IMO ont été corrigées. Les ouvrages évoqués restent des points de départ éditoriaux, distincts des sources cliniques.
Deux approches à distinguer
L’EMDR signifie désensibilisation et retraitement par les mouvements oculaires ; l’IMO, intégration par les mouvements oculaires. Le rapprochement de leurs noms ne permet pas de leur attribuer les mêmes preuves ni les mêmes indications. Notre article initial les présentait à travers les ouvrages de Roxane Colette et Emmanuel Contamin.
La première est médecin psychiatre et l’auteure de Petits maux, grands traumas: De l’EMDR à l’IMO, une nouvelle voie de guérison (Trédaniel).
Le second est psychiatre, pédopsychiatre a découvert l’EMDR en 2005 après plus de 20 années d’expériences. Il est depuis devenu superviseur EMDR Europe.
Dans son ouvrage Guérir de son passé avec l’EMDR et des outils d’autosoin» (Odile Jacob), Emmanuel Contamin révèle:
«Quand j’ai rencontré l’EMDR, […] ma pratique en a été complétement renouvelée. […] Elle m’a profondément convaincu que la psychothérapie ne peut pas être seulement verbale. Elle doit aussi impliquer et intégrer le travail sur les émotions et les sensations corporelles.»
Ce que les sources cliniques permettent de dire de l’EMDR
Une durée adaptée, pas un raccourci garanti
Pourquoi l’IMO ne reçoit pas ici la même validation
Préparer une discussion avec un professionnel
Références et portée
Environ 2 minutes de lecture, 543 mots.
Ce que les sources cliniques permettent de dire de l’EMDR
Le National Center for PTSD présente l’EMDR comme une psychothérapie centrée sur le trauma, étayée pour le TSPT. Il décrit un travail sur le souvenir, les pensées, les émotions et les sensations, accompagné de stimulations bilatérales. Ce travail ne se résume pas à bouger les yeux de plus en plus vite. Les explications du mécanisme d’action restent discutées : une activation parasympathique, une imitation du sommeil paradoxal ou une mémoire qui « abandonne » ne doivent pas être présentées comme une chaîne causale démontrée. Source : National Center for PTSD, présentation clinique de l’EMDR.
La méta-analyse de 2014 auparavant citée étudie l’EMDR dans le TSPT. Ses auteurs signalent notamment l’hétérogénéité des essais et des mesures. Cette référence ne valide pas une promesse générale de guérison de toutes les blessures émotionnelles, ni l’IMO. Lire la méta-analyse et ses limites.
Une durée adaptée, pas un raccourci garanti
NICE décrit généralement huit à douze séances d’EMDR chez l’adulte, davantage si la situation le nécessite, avec un praticien formé et supervisé. Les recommandations incluent une préparation, des moyens de gérer la détresse et un travail progressif sur les souvenirs. Leur application dépend notamment de l’âge, du délai depuis le trauma et de la situation clinique. Elles ne constituent pas un programme à reproduire seul. Source : NICE, NG116, recommandations sur le TSPT.
La formule ancienne « un ou deux mois au maximum » a été retirée. Il en va de même de l’idée selon laquelle pleurer ou se sentir bouleversé prouverait automatiquement que la thérapie fonctionne. Une difficulté vécue pendant les soins mérite d’être discutée avec le professionnel, plutôt que transformée en obligation d’endurer.
Pourquoi l’IMO ne reçoit pas ici la même validation
Le chiffre de 95 % de patients soignés, attribué dans notre ancienne version à une pratique individuelle, n’était pas accompagné d’un protocole d’étude, d’un effectif, d’un comparateur ni d’un suivi vérifiables. Nous le retirons comme argument d’efficacité. Les descriptions de l’IMO issues d’un ouvrage ne suffisent pas à établir son équivalence ou sa supériorité sur l’EMDR. Aucune évaluation exhaustive de la littérature sur l’IMO n’est revendiquée ici.
Les exemples de mots destinés à faire revivre un attentat ont également été retirés : ce texte n’a pas vocation à devenir un exercice autonome d’exposition à un souvenir traumatique.
Préparer une discussion avec un professionnel
Vous pouvez demander quelle difficulté est prise en charge, sur quelles preuves repose la méthode proposée, quelle formation possède le praticien et comment la progression sera évaluée. L’article ne permet pas de diagnostiquer un TSPT à partir d’un deuil, d’une rupture ou d’une souffrance d’enfance.
Un médicament n’est pas présenté ici comme une condition obligatoire pour suivre une EMDR. Si un traitement est déjà prescrit, toute modification se discute avec le prescripteur ; notre article ne donne aucune consigne d’arrêt.
Références et portée
Les trois sources cliniques liées ci-dessus ont été consultées le 11 septembre 2026. Elles concernent l’EMDR et le TSPT, et ne certifient pas toutes les propositions des ouvrages présentés.
Ouvrages à l’origine de l’article : Roxane Colette, Petits maux, grands traumas : De l’EMDR à l’IMO, une nouvelle voie de guérison, Trédaniel, 2021.
Emmanuel Contamin, Guérir de son passé avec l’EMDR et des outils d’autosoin, Odile Jacob, 2023.
Noter cet article
5 / 5. 1
La suite de cet article est réservée aux inscrits
Créez votre compte gratuit pour continuer. Trois articles complets offerts chaque mois.