Concentration : essayer le repère PIM de Jean-Philippe Lachaux
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Réponse express : Cet article présente le repère PIM de Jean-Philippe Lachaux : Perception, Intention, Manière d’agir. Définir une tâche concrète, repérer les distractions et ajuster sa façon de faire sont des pistes à essayer. Elles ne garantissent pas une concentration permanente et ne remplacent pas une évaluation si les difficultés perturbent durablement le quotidien.
Initiation à la technique du PIM
Tout comme respirer ou dormir, on estime que se concentrer est un acte naturel et automatique. Sauf que cette réalité est loin d’être évidente. Le manque de concentration touche beaucoup de monde et empiète le bien-être, dans le sens où cela grapille du temps pourtant de plus en plus précieux aujourd’hui.
Alors comment y remédier ?
Jean-Philippe Lachaux, chercheur à l’Inserm en neuroscience cognitive et co-dirigeant de l’équipe Eduwell du Centre de recherche en neuroscience de Lyon, a consacré ses travaux, conférences et ouvrages à la question de la concentration.
Loin d’être une simple question de volonté, se concentrer de façon efficace requiert un certain process qu’il découpe en trois actes. « Se concentrer ce n’est pas juste être attentif à une Perception particulière. C’est également avoir une Intention et interagir d’une Manière particulière avec son objet d’attention : c’est un PIM ». Cette définition appelle une question : comment concrètement mettre le PIM en pratique ?
Repérer les distractions sans réduire l’attention à un seul circuit
Les solutions pour maintenir sa concentration
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La technique du PIM en pratique
Une intention claire
Pour rester concentré, il faut d’abord avoir une intention claire. Pour cela, Jean-Philippe Lachaux préconise deux conseils :
Visualiser précisément ce qu’on veut faire sous la forme la plus concrète possible.
Et surtout, pour ce qui concerne des tâches complexes, il est intéressant de les découper en petites étapes simples et courtes avec pour chacune une intention bien définie. Cette étape est le plus sûr moyen de rester concentrer, et cela même quand on se retrouve dans des environnements où notre concentration est susceptible d’être perturbée.
La manière d’agir, l’élément central du PIM
L’aspect le plus pertinent de la technique du PIM est la troisième étape, le modus operandi ou la manière d’agir. Il importe qu’on prenne le temps d’y réfléchir. Pour les tâches dites manuelles, c’est assez simple, la manière d’agir sera déterminée essentiellement par le geste.
En revanche, pour l’activité intellectuelle, les choses sont moins évidentes. Jean-Philippe Lachaux préconise pour un bon nombre d’entre elles la conversion des mots en images mentales. C’est particulièrement efficace pour se concentrer sur un texte ou comprendre une instruction.
Cela l’est également quand il s’agit de faire preuve d’écoute active. On visualise dans sa tête tout ce que la personne nous raconte, cela évite de « décrocher » et de partir dans ses propres rêveries ou pensées. Concentré sur les propos de l’autre, il est possible que nous ayons une question à lui poser. Dans ce cas, plutôt que d’interrompre le récit, le M du PIM sera de répéter dans un coin de sa tête un mot-clé en référence à la question pour éviter de la perdre.
Cependant, même pleinement concentré, nous ne sommes pas à l’abri de perdre notre fil. La faute appartient à notre cerveau qui nous tend deux principaux pièges.
Repérer les distractions sans réduire l’attention à un seul circuit
Pour mettre le PIM à l’épreuve, deux situations ordinaires peuvent servir de point de départ : un élément de l’environnement attire le regard, ou l’envie d’une activité plus plaisante détourne de la tâche. L’objectif pratique est de remarquer ce déplacement.
L’image d’un cerveau resté à l’ère préhistorique ou d’un striatum qui commanderait seul nos actions est une simplification. Elle ne doit pas être prise comme une explication complète de l’attention. Une notification, une fatigue ressentie ou une tâche mal définie sont des éléments concrets à noter plutôt qu’une faute à attribuer à son cerveau.
Les solutions pour maintenir sa concentration
S’observer
Dans la pratique proposée ici, il s’agit d’observer les moments où l’on quitte sa tâche, sans chercher à déduire de chaque geste l’activité d’une région cérébrale.
Pour commencer, vous pouvez noter quelques indices observables :
Votre regard qui se détache de votre tâche.
Votre posture, comme un mouvement des épaules, du cou, de la tête pour aller porter votre attention ailleurs.
Vos sensations : cela peut être une soudaine envie de vous arrêter pour faire quelque chose de plus amusant, une sensation d’urgence ou un bref flash mental qui va vous évoquer votre portable, télévision ou paquet de gâteau.
Vous pouvez essayer cet exercice pour observer vos changements d’attention.
Faites une tâche qui vous ennuie ou vous révulse profondément, comme lire un courrier administratif ou un article Wikipédia sur le moteur-fusée à ergols liquides. Observez les pensées ou les mouvements qui accompagnent votre envie de quitter l’ennui.
Ralentir
En parallèle de l’observation, il est également nécessaire de ralentir pour prendre aussi conscience de ce qu’il se passe. Cela constitue une piste à essayer pour repérer certains automatismes, sans garantie de résultat ni exclusivité.
Face à des automatismes qui nous plombent, il faut en adopter d’autres qui viendront les remplacer ou à défaut les tempérer efficacement. Ce repère pratique concerne ici les habitudes d’attention ; il ne décrit pas la prise en charge d’un trouble alimentaire.
Au lieu de réagir quand vous sentez votre concentration vous quitter, faites un arrêt sur image. Respirez un coup et visualisez maintenant les conséquences si vous cédez à votre impulsion. Demandez-vous simplement si cette interruption vous aide dans ce que vous souhaitez faire, sans vous dévaloriser si votre attention s’est déplacée.
Faites un pied de nez à votre cerveau et à cette époque pressante et stressante en ralentissant dans vos gestes et votre tête. Pour changer un système à contre-sens, la rébellion commence par soi et ralentir est la façon la plus intelligente de l’aborder.
Mais la sagesse, c’est aussi savoir composer avec le réel. Si le temps vous presse, vous pourrez retrouver une petite technique pour se concentrer en 2min.
Source : Jean-Philippe Lachaux, « La magie de la concentration », éditions Odile Jacob, 2020
Sources
Neurosciences de l'attention : le « multitâche » est un mythe ; la concentration s'entraîne
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