Comment se sevrer des somnifères et anxiolytiques?
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Réponse express : L’arrêt des somnifères et anxiolytiques de la famille des benzodiazépines doit toujours être progressif et accompagné par un médecin, jamais brutal. Selon la Haute Autorité de Santé (2015), la baisse des doses s’étale le plus souvent sur quelques semaines (4 à 10 semaines le plus souvent) à plusieurs mois, et peut prendre de 3 mois à un an ou plus en cas de consommation ancienne ou à posologie élevée, avec un suivi régulier pendant et après le sevrage. Un arrêt trop rapide expose à un syndrome de sevrage, c’est pourquoi la diminution se fait pas à pas et de façon personnalisée avec le prescripteur. Cet article s’appuie sur l’ouvrage du Dr Patrick Lemoine et se lit en complément, non en remplacement, d’un avis médical.
Etat des lieux de la consommation des benzodiazépines
Les chiffres cités ici sont historiques. Le rapport de l’ANSM d’avril 2017 distingue, pour 2015, 46,1 millions de boîtes d’hypnotiques dérivés ou apparentés aux benzodiazépines vendues en ville et 64,6 millions de boîtes de benzodiazépines anxiolytiques. Le premier chiffre ne représente donc pas l’ensemble des benzodiazépines. La comparaison précédente avec 131 millions de boîtes en 2012 mélangeait des périmètres différents ; elle a été retirée.
Pendant les huit mois suivis en 2020, jusqu’au 22 novembre, EPI-PHARE, groupement de l’ANSM et de la CNAM, rapporte 1,7 million de traitements anxiolytiques et 680 000 traitements hypnotiques délivrés de plus que le nombre attendu. Il s’agit de délivrances sur une période précise, pas d’un décompte de personnes ni d’un état de la consommation actuelle. Les auteurs évoquent un impact psychologique probable de la pandémie ; ces données ne permettent pas d’attribuer chaque prescription à la détresse liée au confinement.
L’article publié en 2021 s’appuie sur Docteur, j’ai mal à mon sommeil, du psychiatre Patrick Lemoine, paru la même année aux éditions Odile Jacob. Cette référence éditoriale est conservée ; elle se distingue des recommandations cliniques citées ci-dessous.
Le regard critique de Patrick Lemoine, à distinguer des recommandations
L’ouvrage présente une critique de l’usage des benzodiazépines pour dormir. Ce point de vue ne permet pas de conclure que tous les médicaments du sommeil sont inefficaces ou qu’ils doivent être arrêtés.
La recommandation européenne sur l’insomnie (2023, tableau 16) distingue les médicaments, leurs indications et leurs durées d’utilisation. La TCC-I est recommandée en première intention pour l’insomnie chronique de l’adulte ; les autres options se discutent selon la situation clinique.
L’étude de Weich et collaborateurs (2014) rapporte une association entre prescriptions de médicaments anxiolytiques ou hypnotiques et mortalité. C’est une étude observationnelle : les auteurs précisent que des facteurs de confusion non mesurés peuvent influencer ses résultats. Elle ne permet pas d’attribuer à un médicament un risque individuel de décès.
L’affirmation de la version précédente selon laquelle « 15 des 18 études » démontreraient un lien causal avec la maladie d’Alzheimer n’était pas accompagnée des références permettant de la vérifier. Elle est retirée ; cela ne signifie pas que les risques des médicaments sont inexistants.
Ne changez pas seul votre traitement. La HAS recommande une démarche progressive et accompagnée pour l’arrêt des benzodiazépines et médicaments apparentés. Le prescripteur évalue les bénéfices, les risques et les modalités adaptées à chaque personne.
Des solutions pour retrouver le sommeil naturel
Des bases saines et naturelles
Les pistes évoquées dans cet article ne constituent pas un protocole de sevrage. Les habitudes de vie et les produits proposés pour dormir doivent être distingués d’un traitement de l’insomnie :
Discuter les traitements avec le professionnel qui vous suit. La mélatonine ne constitue pas une consigne générale ni un substitut automatique aux benzodiazépines. L’indication dépend notamment du trouble, de l’âge et de la formulation. Aucun dosage personnel ne peut être déduit de cet article.
Revoir son alimentation, car nos assiettes influencent aussi nos nuits en veillant à consommer des aliments riches en zinc (fruits de mer, viandes, fromages) et magnésium. Les produits et plantes évoqués dans l’ouvrage ne disposent pas tous du même niveau de preuve. Leur caractère « naturel » ne suffit pas à établir leur efficacité ou leur innocuité ; ne les utilisez pas pour remplacer seul un traitement.
Ne pas confondre tisane et traitement démontré. Le NCCIH relève des résultats inconstants pour la valériane et l’absence de preuve clinique concluante pour la camomille contre l’insomnie. Cela ne permet pas de présenter une liste de plantes comme une solution efficace pour tous. Des interactions avec les médicaments sont possibles : demandez conseil au médecin ou au pharmacien avant d’associer un produit à votre traitement.
Derniers recours en cas d’insomnie occasionnelle
Dernier point, ne vous inquiétez pas si quelques insomnies persistent. Il arrive que nous soyons excités ou stressés par un quelconque évènement (mariage, entretien d’embauche le lendemain) sans que cela suffise à déterminer la cause. Si les difficultés persistent ou retentissent sur la journée, demandez un avis médical.
Essayez de vous calmer en pensant à autre chose. Si votre imagination vous fuit, vous pouvez tester des techniques de respiration comme la cohérence cardiaque, écouter le son des vagues via une application ou mettre doucement la radio pour vous bercer.
Source : Dr Patrick Lemoine, Docteur, j’ai mal à mon sommeil, éditions Odile Jacob, 2021
Sources
Haute Autorité de Santé. Arrêt des benzodiazépines et médicaments apparentés : démarche du médecin traitant en ambulatoire. Juin 2015. has-sante.fr
Lemoine P. Docteur, j'ai mal à mon sommeil. Éditions Odile Jacob, 2021. Ouvrage grand public dont s'inspire cet article.
Correction du 19 septembre 2026 : distinction entre le point de vue de l’ouvrage et les recommandations, retrait de généralisations causales non étayées et de la consigne de mélatonine dosée ; correction du périmètre des chiffres historiques et précision des limites des plantes pour dormir.
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