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Sentir et savoir, une nouvelle théorie de la conscience

Cuisiner et manger en conscience, courir en pleine conscience, se soigner en pleine conscience, méditer en pleine conscience, comprendre son passé pour prendre conscience de nos comportements, de nos choix de vie, etc.

Au fil de nos découvertes sur le bien-être, il est apparu que la conscience est une clé-maîtresse pour y accéder.

Antonio Damasio, un des plus grands neuroscientifiques, psychologue et philosophe de notre époque, a fait de la conscience un de ses principaux sujets d’étude. Ses ouvrages comme « L’erreur de Descartes » ou « Spinoza avait raison » ont non seulement connu un succès mondial, mais ont aussi contribué à modifier profondément nos croyances et paradigmes, notamment sur le lien corrélé (et non rival) de la raison et des émotions.

Son dernier ouvrage « Sentir et savoir. Une nouvelle théorie de la conscience » paru aux éditions Odile Jacob, est une synthèse de ses travaux et des découvertes issues de la biologie, de la psychologie et des neurosciences, pour définir la nature, la genèse et la raison d’être de la conscience.

Notez bien, et Damasio insiste là-dessus, que cette théorie de la conscience est issue « d’un travail d’intégration de ces efforts scientifiques formels et des résultats de l’introspection ». Autrement dit, aussi pertinente qu’elle puisse apparaître, cette théorie est à ce jour une hypothèse. Ce qui n’enlève rien à sa qualité principale, qui est celle d’élargir notre champ de vision…

Quelle est la différence entre l’esprit et la conscience ?

Très souvent conscience et esprit sont confondus, or ils sont bien distincts.

Pour Damasio, la conscience est en fait une disposition de l’esprit, un mode de fonctionnement de l’esprit, bref un état d’esprit particulier qui est celui de l’esprit conscient.

Il voit la conscience comme un état d’esprit distinctif enrichi.

Antonio Damosio définit la conscience comme un rassemblement des connaissances qui se rapportent à mon organisme et qui m’identifient comme le propriétaire de ma vie, de mon corps et de mes pensées.

Comment la conscience s’est construite ?

Au commencement étaient l’être et la sensation

La conscience serait le fruit d’une évolution commencée il y a 4 milliards d’années avec les premiers êtres vivants, les bactéries.

Comme tout vivant, les bactéries naissent, se nourrissent, se reproduisent, aspirent à réaliser leurs projets et à vivre.

Les bactéries seraient-elles donc dotées d’une conscience ? Non, mais en revanche elles sont dotées d’une intelligence primaire, qualifiée par Damasio de « non explicite ». La bactérie ne sait pas ce qu’elle fait, ni pourquoi elle le fait. Elle est sans esprit, donc sans possibilité de conscience.

Cette intelligence non-explicite, qui est aussi celle des plantes repose sur deux mécanismes :

  • Un corps programmé en fonction des lois de l’homéostasie (qui correspond à la capacité d’un système à maintenir l’équilibre de son milieu intérieur, quelles que soient les contraintes externes). Pour le dire autrement, ce sont les lois qui portent et protègent la vie.
  • La capacité de sentir. La bactérie sent les choses, les êtres, la chaleur, la lumière et les autres bactéries autour d’elle.

« Avoir la capacité de sentir ne donne pas accès à l’esprit ou la conscience ; mais en l’absence de cette faculté, il est impossible d’élaborer les dispositifs qui progressivement font naître l’esprit, les sentiments et les processus autoréférentiels, les ingrédients qui permettent finalement l’apparition d’un esprit conscient. »

Au commencement donc, les vivants se sont contentés d’être et de sentir.

Puis sont apparus le ressenti et l’esprit

Et puis, l’évolution a suivi son cours, les êtres multicellulaires sont apparus. Les corps sont devenus plus sophistiqués, composés de systèmes d’organes différents dont le système nerveux. Celui-là même qui va permettre l’émergence de l’esprit composé du ressenti émotionnel.

« Les sentiments comptent parmi les premiers phénomènes mentaux et l’on ne soulignera jamais assez leur importance. Les sentiments permettent à une créature de représenter dans l’esprit son propre corps […] Les sentiments permettent à l’organisme d’éprouver sa propre vie. »

A ce stade de l’évolution, les êtres vivants qui ont les mêmes buts que les bactéries savent dorénavant ce qu’ils font et pourquoi ils le font. L’esprit est apparu et avec lui l’intelligence explicite.

On ne se contente plus d’être, mais de ressentir son être à travers les sentiments qui sont doubles :

  • Les sentiments homéostasiques qui sont liés à nos besoins fondamentaux pour vivre. « J’ai faim, j’ai froid, je souffre, je prends du plaisir. »
  • Les sentiments émotionnels que sont la joie, la colère, la peur, liés à nos schémas mentaux.

« Le cerveau joue un rôle central dans la production de la conscience, mais rien n’indique qu’il la produise seul. Le processus hybride des sentiments est un acteur majeur de la fabrication de l’esprit conscient. »

Nota Bene : L’intelligence non-explicite ne disparait pas avec l’intelligence explicite, les deux coexistent. Ainsi, pour ce qui nous concerne, nous possédons ces deux types d’intelligence.

Quelle serait la raison d’être de la conscience ?

Déployer la vie

Très sommairement, la raison d’être de la conscience est identique à celle de l’homéostasie, des sentiments et de l’esprit : permettre à la vie de se déployer.

Les sentiments sont les aides de camp de l’esprit.

« Ils recueillent des informations sur l’état de la vie au sein de l’organisme. [Ils sont] l’expression directe du degré de réussite ou d’échec de l’entreprise du vivant au sein de notre corps. Rester en vie est une lutte acharnée, et le corps produit un effort complexe et multicentrique pour rendre la vie non seulement possible mais de façon robuste. »

Robuste dans le sens où il ne s’agit pas de survivre, mais de s’épanouir. Ce qui n’est pas sans rappeler une récente découverte en médecine : un état d’esprit joyeux et combattif contribue à une bonne santé physique.

Dans ce projet, la conscience n’est pas superflue : « Lorsque les organismes deviennent très complexes et sont équipés d’un système nerveux capable d’accueillir un esprit, la conscience devient un atout dans la lutte pour une bonne gestion du vivant. »

La particularité de l’être-humain

Selon le raisonnement de Damasio, qui dit « sentiment » dit « conscience ». Ce qui signifierait donc que les animaux en sont pourvus et qu’ils ne sont donc pas seulement des êtres sensibles mais des êtres conscients. Du moins partiellement.

Ce qui le conforte dans son idée est le comportement même des animaux domestiques et sauvages. Internet regorge de ces vidéos où les animaux manifestent leur joie, leur tristesse suite à un deuil, leur empathie.

La différence fondamentale entre les animaux et les êtres-humains réside dans le fait que nous possédons de plus grandes capacités intellectuelles et créatives.

Ce sont ces capacités qui nous ont permis de multiplier les stratégies de survie dans la nature, de construire des cités, d’installer une culture, de réaliser des chefs d’œuvre et d’aller sur la Lune.

Ce sont aussi ces capacités qui nous ont entraînés dans la folie meurtrière et suicidaire. L’Histoire et l’actualité ne manquent pas d’exemple.

C’est tout le paradoxe de l’humanité souligné par Damasio, nos capacités sont aussi puissantes que faibles.

Nous n’avons donc pas fini de grandir et d’évoluer. En conscience.

Source : Antonio Damasio, « Sentir et savoir. Une nouvelle théorie de la conscience », éditions Odile Jacob, 2021
écrit par

La rédaction

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