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  5. Le développement personnel est-il une escroquerie ?

Le développement personnel est-il une escroquerie ?

  • mis à jour le vendredi 18 septembre 2020
  • 6 Min de Lecture

/ 5.

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le-developpement-personnel-est-il-une-anarque-intellectuelle

Critique du développement personnel

Les nouveaux Tartuffe

Pour en faire partie, nous savons chez BloomingYou que dans le milieu « professionnel » du développement personnel pullulent de faux prophètes, vendeurs de rêves et autres commerçants spirituels.

La palme revenant aux énergumènes qui se pensent être la réincarnation de Jésus après être partis suivre une formation « gourou » de 10 jours dans un village perdu de l’Inde.

Vous l’aurez compris, notre « époque est propice à l’émergence d’un grand nombre d’êtres qui proposent en vitrine de l’unité, de la paix, de l’amour, de la compassion, mais dont l’arrière-boutique ne contient que peur, mensonge, doute, cupidité, manipulation, ambition personnelle et besoin de reconnaissance », dixit Gregory Mutombo.

Ainsi, l’offre en développement personnel est davantage quantitative que qualitative. Si nous l’avons repéré, d’autres l’ont vu aussi. A l’instar de Julia de Funès, docteure en philosophie, auteure et conférencière.

L’esprit critique est un réflexe naturel pour les philosophes. Il est donc logique que des titres aguicheurs tels que « Comment devenir confiant et authentique en 10 leçons » ou « Les 5 secrets pour atteindre vos objectifs et changer de vie » puissent susciter une certaine crispation.

Les grosses ficelles

On ne peut leur donner tort car si le « savoir-être heureux » pouvait se contenir en une recette rapide et simple, nous la connaîtrions tous depuis longtemps. Pouvoir être à l’écoute de son intuition, mieux gérer les galères du quotidien, trouver les moyens de s’épanouir, oser clarifier ses peurs et ses blocages émotionnels est une entreprise subtile et de tous les jours.

Après avoir dit cela, un bon réflexe philosophique est de savoir donner la priorité à sa curiosité plutôt qu’à l’appréhension et au jugement. Julia de Funès s’est donc plongée dans la lecture d’ouvrages de développement personnel choisis au hasard d’un comptoir de librairie.

Elle observe que dans chacun des ouvrages le ton est familier, bienveillant, les propos légers et les ficelles très grosses. Dont une, un mentorat maquillé de flatterie. Ce qui peut aisément se comprendre.

Conscient que son lecteur se soit dirigé vers son livre pour résoudre ses problèmes de confiance en soi, l’auteur va lui apporter ce qu’il veut entendre. Il va le valoriser, lui dire qu’il est unique, sous-entendant non pas qu’il est un être singulier par sa personnalité unique, mais génial. Freud dirait que le coach en développement personnel caresse « le narcissisme de la petite différence » de ses lecteurs. Mais est-ce que cela contribue à leur épanouissement ? Pas vraiment, et c’est là où il y a escroquerie.

Au-delà de cette évidence, Julia de Funès soulève d’autres allégories limitantes et incohérences intellectuelles qui méritent d’être retenues. En voici quelques-unes.

Quelques inepties intellectuelles

Confondre confiance en soi et assurance

La confiance en soi est un sujet classique dans le champ du mieux-être et du développement personnel. Pourtant, elle est rarement bien définie ou expliquée. Elle serait un état d’esprit où l’on est dans l’affirmation de sa valeur humaine, de ses capacités, et on est encouragé à le faire comprendre à qui de droit (son patron, son conjoint, ses parents). Sauf que ceci n’est pas de la confiance, mais de l’assurance.

La confiance, du latin cum fide signifie avec foi. Or la foi, ce n’est pas la certitude. Les fanatiques religieux nous parlent de leur foi, mais en réalité ils nous imposent leurs certitudes. La foi est un fil mince et tendu. C’est un ressenti très subtil, mais aussi très beau, et requérant un certain courage. Car la confiance est un pari sur une incertitude comme le définit Julia de Funès.

La confiance donc, et non l’assurance, est gage d’humilité, de simplicité et d’un ego moins prompt à s’enflammer.

Nos capacités et convictions sur soi et le monde ne devraient jamais être figées. Car en fonction de notre cheminement personnel, des lectures et des rencontres que la vie nous apporte, nous pouvons les renier ou les affiner. Ne dit-on pas d’ailleurs qu’il n’y a que les cons qui ne changent pas d’avis ?

Connais-toi toi-même

Que comprend-t-on derrière le précepte du Temple de Delphes « connais-toi toi-même » ? Très souvent, on le cantonne à un questionnement uniquement introspectif. Mais pour les Grecs, ce n’est pas suffisant. La connaissance de son moi intime s’acquiert aussi, et avant tout, en comprenant quelle est notre place dans le monde, voire dans le cosmos.

Nous ne sommes pas dépendants du monde qui nous entoure, nous sommes une partie de lui. Or, « trouver sa place dans un univers ainsi ordonné suppose un travail personnel, une connaissance de soi par soi-même. […] L’individu se saisit par autre chose que lui-même, par l’action, par l’autre, par sa place dans le cosmos ou la cité. »

Une croyance qui est exactement similaire à celle des peuples premiers.

Nouer de vrais liens  

La question des relations humaines est également un autre sujet de prédilection du développement personnel. Nouer de vrais liens affectifs demande forcément une ouverture des esprits qui passe par une communication bienveillante sincère et profonde.

Pour y parvenir, une méthodologie est particulièrement mise en avant dans les ouvrages de développement personnel : c’est la communication non-violente. Elle suit un process en 4 étapes : observation, sentiment, besoin, demande. Un exemple :

  • Phase observation : Si lors d’une discussion je m’énerve, je le note.
  • Phase sentiment : je comprends le sentiment qui se cache derrière mon irritation (peur).
  • Puis la phase besoin : mon irritation est la conséquence d’un besoin, qui est celui d’être rassuré.
  • Et enfin la phase demande : j’exprime mon besoin en demandant à mon interlocuteur de me rassurer.

Outre le fait que l’enchaînement de ces 4 phases n’a rien d’évident ou d’automatique, elle pose également deux autres problèmes. Cette méthode n’aide en rien à nouer des vrais liens, elle évite plutôt le conflit. Or « l’absence de conflits n’est pas synonyme de rencontre ».

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Par ailleurs, elle demande beaucoup de concentration sur ses propres ressentis. On s’enferme sur soi, et on ne s’intéresse pas vraiment à l’autre, oubliant que c’est la condition sine qua none d’un début de véritable rencontre.

Au-delà des légèretés et inepties intellectuelles qu’elle soulève, la démarche de Julia de Funès de détricoter le développement personnel est un avant tout un appel à l’esprit critique, socle de la liberté de penser et d’être.

Eloge de l’esprit critique pour tous

L’appel au discernement

Pourquoi l’esprit critique est-il si important ? Parce que sans lui, on peut s’enfermer dans une forme de servitude morale ou mentale. Or, pour Julia de Funès, le développement personnel cultive une forme de pouvoir d’influence.

En proposant des process, des recettes, des codes pour partir en quête de leur moi intime et authentique, on prive les gens de leur spontanéité, et donc fatalement de leur authenticité et véritable être. C’est là où il y a une escroquerie intellectuelle.

Car, « la rencontre avec soi-même implique une certaine forme de naturel, de spontanéité, d’ouverture à l’autre, de passion, d’involontaire. Être soi suppose d’agir à partir de soi, non des autres. »

Au final, toute la démonstration de Julia de Funès sur le développement personnel est un appel à savoir faire preuve de discernement. A prendre du recul avec un livre enjôleur et un auteur sympathique.

Il y a beaucoup de vérité dans sa critique. Mais, à notre tour, prenons de la distance avec sa position.

La connaissance n’est pas élitiste

D’abord, les coachs en développement personnel ne sont pas tous des tocards. Des perles existent aussi dans ce monde, heureusement ! Ensuite, les ouvrages de développement personnel, quelle que soit leur qualité, ont quand même leur utilité.

Car la connaissance n’a pas à être élitiste. Certes, il y a un degré de qualité entre les différentes pensées. Mais généralement, on ne vient pas à la qualité d’un seul coup. La qualité est pour tout le monde mais elle se mérite. Elle exige de chacun de l’effort, de la vigilance, du discernement, de l’amour (parce qu’il faut avoir le désir et l’envie d’avancer) et un travail régulier. Avant de pouvoir lire et apprécier l’« Éthique » de Spinoza, encore faut-il peut-être passer par la case apprentissage de la lecture avec par exemple « Tchoupi a peur du noir » 🙂 Et au fond s’intéresser uniquement à ce qu’on lit, et non à la raison de le faire, est le signe d’un snobisme de classe.

Step by step, comme diraient les Anglos-saxons. Lire des livres de développement personnel est en soi une saine initiative, surtout quand on cherche des réponses sur le sens de sa vie ou pour résoudre un mal-être. Ils permettent une initiation, une ouverture pour commencer à se regarder, se comprendre, se connaître. C’est une première étape, une première couche, superficielle certes, mais qui ne demande finalement qu’à être creusée.

Et chacun selon ses exigences propres, en fonction de son sens personnel et de ses envies, de ce qu’il pense être utile ou bon pour lui pourra toujours choisir de creuser un peu plus, pour aller voir ailleurs que chez les coachs ou autres vendeurs de miracle. Cela peut être chez Spinoza, Rousseau, Sénèque, ou encore Nietzsche qui avaient, eux aussi, leur idée du bonheur et du sens de l’existence.

Source : Julia de Funès, « Le développement (im)personnel. Le succès d’une imposture », éditions de l’Observatoire, 2019
écrit par

Amal Dadolle

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