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Et si on arrêtait de juger les autres et soi-même ?

  • mis à jour le mercredi 20 novembre 2019
  • 4 Min de Lecture

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Le jugement, la béquille de l’ego

Quand je me compare, je me console

La morale nous l’a toujours dit : juger les autres, ce n’est pas bien. Seulement, elle ne nous a jamais expliqué pourquoi.

Naturellement quand je juge ouvertement l’autre, je l’agresse. Mais tant que je garde ma pensée pour moi, quel mal y a-t-il ?

Celui que l’on s’inflige à soi-même ! frustration, la colère, la solitude

En effet, si le jugement semble nous faire momentanément du bien en nous donnant un sentiment de contrôle et de supériorité apparents, en réalité, il nous coupe d’autrui, crée un sentiment d’isolement et nous empêche d’être dans l’amour.

Si nous ne le ressentons pas immédiatement comme tel, c’est parce que le jugement ou la critique sont aussi les béquilles d’un ego chatouilleux. Quand la lumière est projetée sur les défauts et les échecs des autres, les nôtres restent dans l’ombre. Notre image est protégée.

C’est d’ailleurs pour cette raison que nous sommes friands de ragots.

Quand je me regarde je me désole, quand je me compare je me console.

résumait Talleyrand. Cependant, cet apaisement de l’âme ne dure qu’un temps.

Un faux remède au mal-être

Selon la Youtubeuse et auteure à succès, Gabrielle Berstein,

la raison pour laquelle on juge est que nous cherchons à éviter une émotion qui nous dérange, que nous ne voulons absolument pas ressentir.

Nous reconnaissons inconsciemment dans le comportement de l’autre une honte cachée, une blessure oubliée de l’enfance. C’est ce qu’on appelle l’effet miroir.

Vous le remarquez, moins les gens retiennent leurs critiques à l’égard des autres, plus ils sont durs et intransigeants avec eux-mêmes.

Dès lors que l’on devient son 1er inquisiteur , c’est la mort de la compassion, et du vivre ensemble.

S’arrêter de juger est donc une démarche politique, sociale mais avant tout personnelle. En renonçant à son agressivité, on retrouve la paix de l’esprit. Un luxe à l’heure actuelle.

Pour y parvenir, Gabrielle Bernstein vous propose les pistes suivantes :

Comment se détacher du jugement ?

Observer et questionner ses jugements

Enfermés dans le ressassement du mental , nous ne prêtons plus attention à nos pensées. La 1ère clé pour se débarrasser du jugement consiste donc à prendre conscience de ce que nous nous racontons à longueur de temps. La meilleure manière de s’y prendre est le vide mental.

Quand vous vous surprenez à juger autrui, interrogez-vous sur la situation : qui ou quoi est ce que je juge ?

Si, comme Gabrielle Bernstein, vous vous agacez d’entendre des universitaires prétentieux étaler leur science (hop un jugement), faites un arrêt sur image et faites comme elle, posez-vous les bonnes questions :

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  • Comment est-ce que je me sens quand je fais ce jugement ?

Au début cela fait clairement du bien de cracher son venin. On s’est protégé de ces gens qui se croient supérieurs, et on a évacué une colère. Mais au bout de peu de temps, c’est un sentiment de malaise qui apparait.

Que cache cette colère ? Une jalousie, un sentiment d’infériorité ? Ces symptômes sont les témoins d’une blessure quelque part en nous.

  • Pourquoi est-ce que mon jugement me parait justifié ?

Le ton arrogant, le vocabulaire hermétique montrent que les universitaires se croient supérieurs.

  • Quel moment de ma vie a pu déclencher ce jugement ?

Un prof que j’adorais m’a humilié devant le reste de la classe parce que j’avais répondu à côté.

Honorer ses blessures 

Prendre conscience de ses ressources et développer une force de caractère est rarement un processus naturel. Il y a toujours un chemin à faire : celui de la souffrance via les épreuves et les injustices.

Pour ceux qui restent bloqués suite à un traumatisme ou à des rancœurs familiales de 20 ans, Gabrielle Bernstein préconise de tester la thérapie de l’EFT, qui utilise le corps et la parole pour se libérer de toutes ses émotions négatives.

Tester la prière

Les religieux n’ont pas l’exclusivité de la prière. Même si vous ne croyez pas en Dieu, l’important n’est pas tant la prière en elle-même que la sensation qu’elle procure : le lâcher-prise en renonçant à son besoin de contrôle. Et si la prière est particulièrement efficace, c’est parce qu’on se retire des épaules la pression de la réussite.

L’ego se calme comme par magie. C’est une sensation douce et réconfortante. Alors, n’hésitez pas à prier pour accepter toutes les incohérences qui vous narguent, pour faire des nouveaux choix, ou favoriser l’ouverture d’esprit.

Trouver les freins

On passe nos vies à courir derrière le temps pour remplir nos obligations sociales, familiales et professionnelles, mais on pense aussi trop vite. S’arrêter de juger demande de s’arrêter tout court.

La méditation ou l’introspection sont des techniques pour y parvenir. On ne s’arrête pas de juger du jour au lendemain.

L’important c’est de prendre conscience du moment où nous basculons dans le jugement, ou le besoin de contrôle.

Pour ceux qui ont pris l’habitude de voir le monde en noir, et de critiquer à tout va, porter des lunettes roses du jour au lendemain ne les aidera pas.

L’équilibre ce n’est pas de passer d’un extrême à l’autre, mais d’ouvrir les yeux sur la condition humaine.

Chacun fait comme il peut, avec les moyens du bord, et jamais vraiment comme ils aimeraient. Il suffit de regarder, sans jugement, son propre parcours de vie.

Trouver les freins, c’est donc revoir ses exigences par rapport à soi-même, et se questionner sur leurs origines. Puis revoir ses attentes vis-à-vis des autres.

Dès lors, il n’y aura plus aucune occasion d’être frustré et de juger.

Source : Gabrielle Bernstein, « Et si on arrêtait de juger ? (les autres et soi-même) », Guy Trédaniel, 2019
écrit par

Camille

Relations interpersonnelles

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