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Comment l’égalité sociale contribue au bonheur collectif ?

  • mis à jour le samedi 25 avril 2020
  • 6 Min de Lecture

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Pourquoi faut-il corriger les inégalités sociales ? 

Les injustices empêchent d’être heureux ensemble

L’épidémiologie étudie les problèmes de santé au sein des populations, les origines, les fréquences et les répartitions, à savoir quels groupes sociaux sont touchés par la maladie. Deux professeurs dans la discipline, Kate Pickett et Richard Wilkinson se sont interrogés sur le mal-être qui frappent beaucoup de sociétés occidentales.

Pour le comprendre, ils se sont penchés sur un très grand nombre nombres d’études traitant des relations sociales, des inégalités économiques et sociales et des effets psychologiques de notre société de consommation et de travail. Ils livrent leur conclusion dans l’ouvrage « Pour vivre heureux, vivons égaux ».

Leur message est sans appel : une plus forte inégalité accroît l’anxiété sociale et intensifie ses coûts psychologiques et sociaux et touche toutes les classes sociales. Les classes sociales élevées comprises.

Il existe principalement cinq conséquences désastreuses dues aux disparités. Avant de les connaitre, apprenons à mieux connaître les liens intimes qui unissent l’humanité aux principes de justice, d’équité et d’égalitarisme.

La parité ou la mort en – 100 000 ans.

Pendant la préhistoire, les humains vivaient dans des sociétés égalitaristes, où s’observait une mise en commun de la nourriture pour concilier le groupe et éviter les conflits.  Comme l’a expliqué Marshall Sahlins, ils partageaient la nourriture. « Si les amis font des cadeaux, les cadeaux font des amis », car « celui qui donne et celui qui reçoit reconnaissent leurs besoins respectifs, les respectent et y répondent en s’échangeant leurs besoins respectifs. »

N’oublions pas que nous n’avons pas la force d’un ours ou la vitesse d’un jaguar. Seule l’intelligence collective rendue possible par l’entraide  a pu assurer la survie de notre espèce.

L’homme a donc vécu pendant plus de 90 % de son histoire dans des sociétés où la notion de justice sociale paraît à peine croyable aujourd’hui. Pourtant, cette donnée montre que vivre dans une société égalitaire reposant sur un système redistributif fait partie de notre patrimoine génétique.

Elle explique pourquoi instinctivement nous avons un idéal d’égalité, et pourquoi les inégalités sociales d’aujourd’hui aboutissent à la fracture sociale que l’on connait.

Une société malade de solitude et de stress

Tous malades

En matière de santé, que l’on soit dans les pays inégaux ou égaux (avec protection sociale) ou inégaux, il est un fait que les classes populaires sont toujours plus vulnérables que les autres. Mais ce qui distingue les pays inégaux, c’est que même les milliardaires et ceux issus d’un milieu social favorisé ne sont pas en très bonne santé.

La raison en est que les pays inégaux sont davantage soumis à un certain nombre de déterminants sociaux impactant la santé publique : « la violence (mesurée par les taux d’homicide), les grossesses précoces, l’échec scolaire, la toxicomanie, les maladies mentales, la mortalité infantile, les taux d’incarcération, l’obésité.

Comme on pouvait s’y attendre, la prévalence des causes de décès qui sont les plus courantes chez les plus pauvres (maladies cardiaques, respiratoires ou espérance de vie infantile) est supérieure dans une société inégalitaire.

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Chacun dans son coin

Dans les pays où les inégalités salariales sont fortes, il est difficile de quitter son milieu social.

Prenons le cas de la France, où depuis 40 ans, les pouvoirs publics prônent la méritocratie comme moyen d’élévation. Or, on sait que notre système scolaire et éducatif ne dispose pas assez de moyens pour remplir cette louable ambition. L’égalité des chances à l’école est donc compromise, et une séparation géographique et sociale se met en place. En Ile de France où se loger à Paris coûte un bras et repousse les classes moyennes et défavorisées vers les banlieues.

Quid des mariages entre personnes issues de catégories sociales différentes ? Ils se font de plus en plus rares. Puisque l’on n’habite plus dans les mêmes quartiers, et ne fréquentons plus les mêmes écoles et lieux, on ne peut pas se rencontrer.

Chacun pour soi

Parce que les gens ne se croisent plus et ne vivent plus ensemble, il est inévitable que l’anxiété sociale soit plus répandue. Ces symptômes s’illustrent par « la peur du regard des autres, leur jugement sur notre statut social ou nos revenus qui accroît l’anxiété sociale. Là où règne différentes formes d’inégalité, la vie collective s’étiole, et, avec elle, la confiance entre les individus. On se tourne aussi davantage vers l’alcool et la drogue pour calmer les angoisses. Il n’est d’ailleurs pas étonnant que la toxicomanie fasse plus de dégâts dans les sociétés inégalitaires. »

Les angoisses socio-économiques inavouées

L’angoisse du statut social

L’angoisse du statut social est réelle et deux comportements peuvent en découler.

Pour ceux qui manquent de confiance en eux, l’angoisse du statut social dérive sur des troubles dépressifs. Les cas les plus graves allant jusqu’à la schizophrénie. D’après les études de Pickett et Wilkinson, ces symptômes psychotiques sont nettement plus courants dans les pays inégalitaires. Les chercheuses en concluent que l’inégalité détériore non seulement les relations sociales, mais aussi l’image de soi.

Une autre manière plus pro-active de traduire son angoisse du statut social est de se lancer corps et âme dans sa carrière ; en jouant à fond le jeu de la compétitivité afin de réussir par n’importe quel moyen. « Cette inquiétude croissante liée au statut social et les ambitions de carrière qui vont avec se lisent clairement dans certaines données. Par exemple, c’est dans les Etats américains inégalitaires que les étudiants sont le plus nombreux à tricher pour obtenir de bonnes notes en achetant des copies sur Internet. »

Le piège de la consommation

Le piège de la consommation est lié à l’angoisse du statut. Comme l’expliquent nos épidémiologistes : « Dans les sociétés inégalitaires, les individus cherchent de plus en plus à montrer ce qu’ils valent à travers leurs dépenses, d’où la montée du consumérisme et l’importance accrue accordée à l’argent. C’est de l’auto-valorisation monétisée. »

Problème, on n’a pas forcément les moyens de se payer ce que l’on voudrait paraître. On travaille encore plus, on n’hésite pas à faire des crédits de consommation, jusqu’à se retrouver avec des dettes. Sans compter que la consommation à outrance n’a plus de sens commun quand on connait les problématiques environnementales auxquels nous sommes confrontés.

A tous points de vue, l’inégalité nous tire vers le bas. Quid de l’égalité ? Comment celle-ci nous élève collectivement ?

Comment l’égalité contribue à notre bien-être de tous ?

Un mieux-être individuel

Dans un monde où la hiérarchie sociale n’apparaît plus, il n’y a plus lieu de se comparer les uns aux autres. Les fléaux tels que le manque d’assurance, le doute de soi et l’auto dévalorisation reculent. Et des béquilles comme l’alcool ou la consommation pour tenir le coup de son mal-être perdent de leur utilité.

Du temps pour tisser de vrais liens  

« Au lieu de produire à outrance pour consacrer nos gains de productivité à maintenir notre statut par la consommation, nous les utilisons pour gagner du temps libre et nous libérer de l’exigence du travail. Il nous faut plus de temps pour notre famille et nos enfants, pour prendre soin de nous et de nos amis, pour apprécier le vivre ensemble. »

Le bonheur au travail

L’égalité concerne aussi l’entreprise. Ce qui passe par une refonte du système où les travailleurs auront plus de pouvoir sur les politiques et décisions stratégiques de l’entreprise. En effet, pour qu’une société du travail soit épanouie, encore faut-il que celle-ci permette à chacun de sentir que sa contribution est appréciée et que sa valeur est reconnue.

Sur la question salariale, cela demande de réduire des écarts de rémunération indécents. En particulier dans les grandes entreprises.

Une meilleure santé

Une plus grande égalité procure des bénéfices sanitaires et sociaux considérables. En plus d’une moindre violence et de comportements addictifs, on y jouit d’une meilleure santé physique et psychologique.

Ces changements ne sont ni irréalisables ni utopistes. Ils sont une réponse nécessaire aux dégâts de la pauvreté qui s’étalent déjà sous nos yeux, et au bouleversement traumatisant que nous réservent le réchauffement climatique et les autres enjeux écologiques.

Parce que la recherche du bonheur est une aspiration de tout être humain, et que nous aspirons à vivre demain, il est temps de vivre égaux dès aujourd’hui !

 Source : Kate Pickett & Richard Wilkinson, “Pour vivre heureux vivons égaux », éditions LLL, 2019
écrit par

Amal Dadolle

Écologie

Éducation

Prospective & économie

Société

Sagesse & philosophie

1 commentaire
  • Répondre Johana
    • mercredi 8 mai 2019
    • 9 h 28 min

    Merci Amal De la matière à réfléchir et remettre en question.

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