back to top
Recherche
  1. Home
  2. /
  3. Savoir être, Bonheur
  4. /
  5. Comment réussir sa vie selon Sénèque?

Comment réussir sa vie selon Sénèque?

  • mis à jour le vendredi 21 juin 2019
  • 7 Min de Lecture

/ 5.

As you found this post useful...

Follow us on social media!

We are sorry that this post was not useful for you!

Let us improve this post!

comment-reussir-sa-vie-selon-seneque

Sénèque : Le bilan de vie d’une Star

Grandeur et décadence

Grande star à la cour impériale de Rome, Sénèque était un homme politique et philosophe reconnu. Le milieu politique est rarement un univers très sain d’esprit, mais sous les règnes successifs de Caligula, Claude et Néron, cela l’était d’autant moins. C’était un champ de bataille perpétuel. A ce jeu, Sénèque a su tirer son épingle sous les règnes de Caligula et de Claude, en faisant assassiner ses ennemis tout en accumulant une fortune de près de 300 millions de sesterces (l’équivalent de plus ou 280 millions d’€), ce qui était colossal pour l’époque.

Par sa fortune et sa position privilégiée, Sénèque finit par attiser la convoitise et se fait des ennemis qui réussiront à retourner Néron contre lui. Le jeune Empereur prendra son ancien mentor en haine, jusqu’à tenter de l’empoisonner. Sénèque n’a d’autre choix que de plier bagages et de quitter la cour. Il sait ses jours comptés, car Néron ne le laissera pas prendre une retraite paisible. C’est le temps du grand bilan de vie pour Sénèque et le retour à sa première vocation : la philosophie.

Confessions d’un repenti ?

Peut-on s’autoriser à évoquer la sagesse quand on en a manqué durant une grande partie de sa vie ? Oui, et heureusement. La principale raison est que nous sommes des êtres en devenir. Nous ne naissons jamais accomplis, ou totalement épanouis, sauf pour des êtres d’exceptions comme Bouddha ou Jésus. Ce n’est d’ailleurs pas pour rien qu’ils sont reconnus comme étant des maîtres, parce qu’ils ont acquis la maîtrise d’eux mêmes en ne laissant plus leur peur ou leur ego dicter leur conduite.

La réussite selon Sénèque

Pour ce qui est de Sénèque, l’épée de Damoclès sous laquelle il vit ses derniers jours le rend lucide sur lui-même et lui fait prendre conscience de ses égarements et de ses réelles inspirations. Ami avec Lucilius le Jeune, gouverneur Romain de Sicile, Sénèque s’emploie à lui donner des conseils de vie pour qu’il ne reproduise pas ses erreurs et réussisse réellement sa vie. Car pour Sénèque, le succès est une illusion de réussite, la véritable réussite c’est de mener une vie paisible et heureuse en accord avec soi-même. Et pour ce faire, il faut s’appuyer sur la philosophie qui nous apprend à mieux-vivre au quotidien. Celle-ci nous guide sur le chemin de la santé du bien-être serein, et nous éclaire sur les origines de nos souffrances.

Les 3 origines de la souffrance

Vraiment réussir sa vie impose que la souffrance ne soit pas notre pain quotidien. Seulement quand on aspire à réussir sa vie professionnelle, éviter la souffrance devient difficile, la raison venant de notre incapacité à vivre l’instant présent. Comme le sait d’expérience Sénèque, notre esprit est sans cesse sur le qui-vive à appréhender les dangers de demain ou à ressasser les regrets de notre passé.

  • « Ne pas être malheureux avant l’heure »

Sénèque remarque à raison : «

Nous redoutons le plus douteux comme sûr et certain. Nous ne savons pas garder la mesure. Immédiatement, le souci vire à la peur.

Grâce à nos connaissances en neurosciences nous savons que notre tendance à envisager le pire provient d’un état d’esprit anxieux. Nous vivons sous stress, notre respiration devient artificielle et nous actionnons le système sympathique du cerveau . Nous percevons alors notre environnement comme étant fondamentalement hostile et menaçant. Ce qui ne correspond pas forcément à la réalité des faits. Or, « Souffrir avant qu’il soit nécessaire, c’est souffrir plus qu’il n’est nécessaire. »

Pour tranquilliser son esprit et apprendre à retrouver son calme, Sénèque préconise de vérifier les fondements de ses craintes et de faire preuve de prudence pour avoir un esprit en paix : « Tout ce que ta clairvoyance te permet de prévoir, prévois-le ! Tous les coups qui peuvent te blesser, guette les à l’avance et détourne les ! Et pour ce faire, la confiance en toi et une âme prête à tout affronter te seront du plus grand secours. »

  • « On n’a jamais le malheur que l’on croit »

La deuxième origine de nos souffrances sont nos plaintes. Parce que nous sommes restés bloqués dans les souvenirs du passé, nous sommes incapables d’apprécier la vie actuelle. Ce qui est absurde pour Sénèque :

A quoi bon revenir sur des douleurs révolues et te rendre malheureux sous prétexte que tu l’as été ? […] N’aggrave pas tes maux toi-même. Ne les alourdis pas de tes lamentations. La douleur est légère sans la surcharge de nos préjugés. Exhorte-toi en te disant : « Ce n’est rien ou pas grand-chose ! Tenons bon ! Ca va passer !

Car, effectivement rien ne dure : « La nature a pour loi le changement, qui règle le royaume que tu vois. Après la pluie, le beau temps. La mer d’huile, puis la tempête. Les vents qui soufflent dans un sens, et puis dans l’autre. Le jour qui vient après la nuit. Une partie du ciel se dresse, l’autre s’enfonce. »

En résumé,

Il y a donc ce qui nous tourmente plus que nécessaire, ce qui nous tourmente avant qu’il soit nécessaire, ce qui nous tourmente alors que ce n’est absolument pas nécessaire. Notre douleur, nous l’augmentons, nous l’anticipons, nous l’inventons.

Sénèque nous rend responsables d’une grande partie de nos souffrances, par notre incapacité à changer de perception sur le passé et les évènements à venir.

Tout est une question de point de vue, de même que pour l’argent.

  • Le souci des richesses

L’argent cause des souffrances pour deux principales raisons. La première étant l’insatisfaction quotidienne. Dans une lettre à Lucilius, Sénèque interroge son jeune collègue :

Qu’est-ce que tu préfères : avoir beaucoup ou suffisamment ? Celui qui a beaucoup en veut plus. C’est bien la preuve qu’il n’en a pas encore suffisamment. Celui qui en a suffisamment a obtenu ce qu’il n’est pas donné au riche de connaître : la fin de son désir. […] On est esclave ou maître de ses biens.

Par ailleurs, l’autre souffrance liée à l’argent  est la peur de le perdre. Or, : « Perdre une chose ou en redouter la perte, cela revient au même. […] Personne ne jouit d’un bien qui lui cause du souci. Il s’emploie à l’augmenter et, pendant qu’il songe au moyen d’y parvenir, il oublie d’en user. Et il fait des calculs, perd sa vie au forum, lit et relit son livre de comptes. Il était propriétaire, le voilà gestionnaire. »

La course aux profits ou l’épargne maladive n’est pas la marque de la réussite pour Sénèque mais celle de la confection de notre propre malheur. Au lieu de subir les aléas de la vie, nous avons choisi notre prison et notre bourreau.

On l’aura donc compris, pour Sénèque nos souffrances viennent davantage de nos peurs du mental que de la réalité de la vie. Pour ne pas se laisser envahir par la peur, principale cause du malheur, et réussir sa vie, Sénèque préconise 3 ingrédients.

Les 3 ingrédients de la réussite selon Sénèque

  • Aller à l’essentiel

Nous n’avons pas besoin d’avoir 30 paires de chaussures, 50 sacs, 10 000 000 d’euros sur notre compte d’épargne, changer de portable tous les ans, etc. Notre société de consommation de masse aurait navré Sénèque, car « Le Créateur de l’Univers qui a fixé par écrit les lois de notre existence visait à nous permettre d’assurer notre survie et non à faire de nous des enfants gâtés. Dans le premier cas, tout est prêt, immédiatement disponible. Dans le second, tous ces raffinements nous coûtent bien des misères, bien des soucis. ».

Attention toutefois, pour Sénèque, rechercher l’essentiel , n’est pas se limiter, cela implique seulement de ne pas faire grand cas de la forme, pour se consacrer sur le fond : « Horace dit admirablement que la soif se moque bien de la coupe dans laquelle on verse l’eau et de la main délicate qui la sert. En vérité, si tu accordes de l’importance à la chevelure du garçon qui te sert, à la transparence de la coupe qu’il te rend, c’est que tu n’as pas soif. »

  • Cultiver son esprit critique

Nous devons cultiver notre esprit critique  par rapport aux croyances de notre entourage, qui se fondent souvent sur leurs propres peurs : « Tu ne peux pas éviter la douleur, la soif, la faim, la vieillesse, la maladie, la décrépitude, la mort. Ne va pas croire ceux qui t’encerclent de leur caquetage. Il n’y a rien là de mauvais, rien d’intolérable ou de cruel. Chez ces gens-là, c’est le consensus de la peur. Et toi tu craindrais la mort à cause de leurs ragots ? Quoi de plus stupide qu’un homme qui a peur des mots ? »

Par ailleurs,développer son esprit critique aide à discerner le faux semblant et le réel pour se protéger des malheurs de la vie :

« Enseigne moi à faire la différence entre les choses qui se ressemblent. Un ennemi flatteur vient vers moi en ami. Les vices s’insinuent en nous sous le nom de vertus. La témérité se cache sous le titre de courage. La mollesse se fait appeler modération. Le peureux se fait passer pour prudent. Voilà les dangereuses méprises que nous commettons. Applique à chacune de ces notions son signe distinctif. « 

  • Les dieux sont meilleurs juges

Notre grande erreur consiste souvent à vouloir faire plier la réalité à nos souhaits. Or, nous sommes forcément perdants en vivant dans le déni et l’aveuglement. Or toute la démarche philosophique de Sénèque consistant justement à apprendre à plier nos désirs à la réalité :

Celui qui se soumet de bon cœur aux ordres échappe à la part la plus douloureuse de la servitude : faire ce qu’on ne veut pas. On est à plaindre non pas de recevoir tel ou tel ordre mais de l’exécuter à son corps défendant. Préparons donc notre âme à vouloir tout ce que les circonstances exigeront d’elle.

La seule préparation que nous ayons en main est la foi qui peut se développer en développant sa confiance intérieure sur la vie et sur soi même. Nous développons une précieuse résilience qui nous aide à surmonter toutes les difficultés croisées sur notre route :

Chaque fois que la vie me paraît cruelle et contraire, voici la règle que je me suis forgée : ne pas obéir à Dieu, [mais] l’approuver. Car « les dieux sont meilleurs juges .

Must read : Sénèque, « Apprendre à vivre », éditions Arléa, 2010
écrit par

Amal

Savoir être

Bonheur

1 commentaire
  • Répondre Jean-Louis Tripon
    • samedi 30 novembre 2019
    • 18 h 28 min

    Sénèque est une grande figure de l’école stoïcienne qui culminera avec l’empereur Marc Aurèle, avant de se faire décimer par les chrétiens, Qu’en dire ?
    Quand nous n’avons pas de soucis financier et vivons en province loin des tumultes de l’état, nous pouvons vivre tranquillement sans souffrance. Cependant, la situation de beaucoup, c’est de survivre grâce au produit de son travail, exploité par un patron, c’est là que commence la souffrance. Et puis il y a la famille, l’affectif, le sexe et ses misères…
    Je préconise de s’éloigner le plus loin possible de sa famille, surtout si elle est toxique, et pour les 90 % de ceux qui ne peuvent pas vivre sans relations amoureuses et sexuelles, de suivre une formation d’aptitude à la vie en couple avec un examen final sévère (pas comme le bac), et d’exiger ce diplôme de son candidat partenaire avant de lui ou de la permettre d’aller plus loin. Evidemment, cela suppose que l’on a soi-même réussi les tests, ce qui ne sera pas donné à tout le monde, Et pour les autres ce sera une cure psychanalytique, qui vous laissera avec peu d’espoir d’y parvenir un jour.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *




envoyer
Articles Similaires
Instapics

Restez connecté ! RECEVEZ QUOTIDIENNEMENT LES DERNIERES NEWS PLEINES DE BONHEUR !

Restez connecté !

Recevez quotidiennement les dernieres news pleines de bonheur !