Réponse express : Selon le psychiatre militaire Patrick Clervoy, le combat laisse des blessures psychiques durables, souvent tues pendant des années. Les données le confirment : d’après le National Center for PTSD, environ 7 % des vétérans développent un jour un trouble de stress post-traumatique, une proportion atteignant près de 29 % sur la vie entière chez les vétérans d’Irak et d’Afghanistan. Le fardeau dépasse les symptômes : le ministère américain des Anciens combattants a recensé 6 407 suicides de vétérans en 2022, soit près de 18 par jour.
La psychiatrie militaire nous apprend quelque chose que peu de gens veulent entendre : la guerre ne s’arrête pas quand on rentre. Elle continue, invisible, sans uniforme et sans ennemi désigné. Dans cet épisode de BloomingYou, le psychiatre militaire Patrick Clervoy décrypte ce que la guerre fait à l’homme — et ce qu’aucune société n’est vraiment prête à assumer.
Patrick Clervoy est médecin psychiatre, professeur agrégé du Val-de-Grâce, spécialiste du traumatisme psychique. Quarante ans sur des théâtres d’opérations — Centrafrique, Bosnie-Herzégovine, Afghanistan, Mali — puis dans les cabinets où reviennent les vétérans d’Indochine, d’Algérie, du Liban, du Rwanda.
Son nouveau livre, L’homme en guerre. Psychologie d’une transformation (Odile Jacob, 2026), ne raconte pas ce qu’on voit de l’extérieur. Il raconte ce qui se passe à l’intérieur. Continuer la lecture de Psychiatrie militaire : ce que la guerre fait à l’homme — Patrick Clervoy