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  5. Marche, prie, aime

Chaque voyage, chaque rencontre nous confronte à l’Autre et nous renvoie à notre propre vie.

Je vous poste cette carte postale à la sortie de l’avion.

Un petit mot sans prétention.

De retour de voyage, je n’ai pas encore terminé de ranger mes bagages.

Qu’importe, j’ai décidé d’écrire, plutôt que rien.

Destination : Israël et les territoires palestiniens. A pied. Par le Sentier d’Abraham.

Dans certains pays, il est coutume de dire « j’arrive » pour partir, et « nous sommes ensemble » lorsque l’on doit quitter quelqu’un. C’est une façon de conjurer le sort. On part pour certains et on revient pour d’autres.

Il y a des jours et des nuits comme ça, d’où l’on revient « grandi ». J’aime bien cette idée qu’une simple semaine ou même une journée peut incarner l’essence d’une vie. Condensé d’émotions, de rencontres, de déserts et de vallées. D’échanges, de débats, d’écoute et d’apprentissage. D’étonnement, de sourires, d’accueil, d’espoir, de révolte, de résignation, d’envie, d’Amour…de tout. Je rentre le cœur plein et l’âme légère. Je garde les bras ouverts et ce feu dans mes mains.

Il nous faut parfois prendre des risques ou faire des paris incertains. J’ai plus appris en dix jours de marche et de dialogues qu’en des années de nos médias, alors continuons sans nul doute, partout sur notre Terre, à chercher, questionner, explorer sans relâche, avec comme ligne de conduite le non-jugement et un optimiste non déraisonné mais nécessaire.

***

Nous avons suivi ce nouveau sentier de randonnée, nous avons traversé le désert de Judée puis des champs d’oliviers, nous avons traversé des villes occupées et des camps de réfugiés, nous avons longé un mur séparant deux frontières, de l’autre côté il y a la plage et des restaurants branchés.

Dans ce glissement des jours, j’ai eu quelques façons d’ancrer mes pensées : griffonner des notes sur un carnet, déchiffrer les noms aux frontons des portes, prendre des photos, lire…Il est impossible ici de n’être qu’une voyageuse légère.

J’ai eu de la chance : j’ai discuté avec des palestiniens, des bédouins, des israéliens, des civils et des militaires. Des enfants, de jeunes adultes, des hommes et des femmes. Des engagés, des indignés, des résignés, des sages. Des musulmans, des chrétiens, des juifs, des druzes, des athées.

Je garde cette impression forte d’avoir approché des hommes et des femmes qui ne me quitteront plus.

Tous ceux-là, comme vous, comme moi, comme nous tous, ne demandent qu’à vivre, connaître le plaisir et ne plus penser à rien. Travailler et manger, voilà l’urgence. C’est vrai, la guerre n’est jamais très loin.

Car il est souvent et malheureusement plus « facile » de tomber dans le rejet des différences, la violence et la peur, ce mal qui nous ronge, plus « facile » d’entretenir le « mauvais » que de valoriser le « bon », qui sommeille en chacun de nous et que l’on se doit de nourrir à coup de culture et d’éducation.

Pourtant un jour viendra. Je veux y croire et même ne retenir que ça. Je ne dis pas que c’est facile, je pense que c’est possible.

« Je suis convaincu que l’avenir appartient à la non-violence, à la conciliation des cultures différentes. C’est par cette voie que l’Humanité devra franchir sa prochaine étape », a écrit Stéphane Hessel.

Nos efforts pour le prouver ne seront jamais vains.

Aujourd’hui je suis dans cette fatigue de l’arrivée après un voyage, après un vol, ces heures blanches qui voilent le monde et lui donnent une fugitive innocence. Là-bas, j’ai eu chaud, j’ai eu froid, j’ai regardé les étoiles et le lever du soleil, j’ai manqué d’eau et puis j’en eu trop, j’ai ri, j’ai écouté, j’ai pensé, j’ai marché, j’ai mélangé les langues « en refaisant le monde sans que le monde ne s’en aperçoive », j’ai eu peur et j’ai aimé. C’est ça Vivre… On pense souvent qu’il ne se passe rien, mais il se passe des quantités de choses. Chaque instant a finalement son importance.

Je pourrai raconter ce séjour, comme chaque jour de nos vies, par anecdotes, rencontres ou expériences, drôles ou dramatiques, profondes ou légères, inspirées et inspirantes :

  • Du houmous au petit déjeuner, au thé à la menthe jusque tard dans la nuit,
  • Des petites filles devant la mosquée qui m’ont demandé de faire des selfies parce que j’étais un peu habillée en “elles” mais que j’avais mis la tunique de traversJ,
  • De la valise qui n’est arrivé pas tout de suite à destination (Vivre de rien c’est vivre de tout, l’expérience de l’épure, c’était peut-être ça le message :)),
  • La première fois que j’ai croisé un soldat, j’ai fait un bond de trois mètres comme au cinéma, il m’a demandé où j’habitais, je lui ai dit “Paris” et même que de ma fenêtre on voit la Tour Eiffel, j’ai senti ses yeux s’illuminer comme ceux d’un gamin de dix-huit ans, et quand j’ai relevé les miens, je me suis dit que c’était ça en fait, tout simplement : un gamin de dix-huit ans…

Alors même si j’ai été recalée à l’examen du bon Dieu pour avoir pris le chemin de croix à l’envers :), tous ensemble, on a de quoi, je vous le promets, se créer « un petit coin de paradis contre un coin de parapluie »

Profitons-en.

Et avec le sourire exactement, je vous embrasse.

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