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Qu’est-ce que le trouble borderline, comment y faire face ?

  • mis à jour le jeudi 10 juin 2021
  • 5 Min de Lecture

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Qu’est-ce que le trouble borderline ?

Quand les émotions sont insupportables

Le trouble borderline fait partie de ces affections mentales que nous connaissons sans connaître. L’expression angliciste qui se traduit par « sans limites » nous est déjà familière. Elle renvoie à un comportement volcanique, hystérique où l’on dépasse totalement le cadre de ce qui est socialement viable et valable.

Mais dans le cas du trouble borderline, c’est une réelle maladie mentale, qui est subie par la personne, et non choisie pour se faire remarquer en public.

La structure cérébrale d’une personne atteinte du trouble borderline n’est ainsi pas la même qu’une personne saine. Dans le cerveau de la première, on observe un net déséquilibre des activités de régions cérébrales-clés qui régissent les émotions, la représentation de soi et du monde.

Ainsi, le système limbique (région du système émotionnel) est en hyperactivité, alors que le cortex orbitofrontal est en hypoactivité (région qui freine le système limbique).

Les conséquences de ces déséquilibres amènent la personne à ressentir une tension émotionnelle si forte qu’elle va mettre sa vie et celle des autres en danger.

Pour mieux comprendre ce trouble et quelles solutions sont possibles pour la personne borderline et son entourage, Déborah Ducasse, médecin-psychiatre et psychothérapeute a coécrit avec Véronique Brand-Arpon, docteur en biologie de la santé et infirmière psychothérapeute « le trouble borderline expliqué aux proches », paru aux éditions Odile Jacob.

Précisons d’ores et déjà que tous les chiffres cités dans cet ouvrage (et donc dans cet article) proviennent tous d’études américaines. Mais étant donné que nos deux sociétés sont proches et qu’au regard de l’expérience des auteures, le trouble borderline n’épargne pas les Français, ces chiffres restent des indicateurs très intéressants.

Quels sont les symptômes du trouble borderline ?

Selon l’association américaine de psychiatrie, le trouble mental se reconnait à plusieurs critères :

  • Une peur viscérale de l’abandon qu’elle soit réelle ou imaginée
  • Des relations interpersonnelles et affectives instables et intenses où l’on passe de l’idéalisation à la dévalorisation excessive
  • Un trouble dissociatif de la personnalité
  • Une prédisposition à tomber dans les addictions
  • Un sentiment chronique de vide
  • Des colères intenses et inappropriées
  • Une répétition de comportements, de gestes, de menaces suicidaires, ou d’automutilations comme la scarification.

Nombreuses sont les études qui révèlent le lien étroit entre suicide et trouble bordeline. Celle du psychiatre J. M. Oldham « Bordeline personality disorder and suicidality » dévoile que 84 % des personnes atteintes du trouble borderline ont déjà commis une tentative de suicide. Comparé au reste de la population, leur taux de décès par suicide est cinquante fois plus important.

Quels sont les facteurs à l’origine du trouble borderline ?

Génétique et environnement

Les symptômes du trouble borderline se déclenchent à l’adolescence ou vers 20 ans, et durent toute leur vie si aucune thérapie n’est entreprise. Comment expliquer leur apparition ?

70 % des cas de troubles de borderline sont dûs à une faiblesse génétique, mais celle-ci ne s’enclenche qu’au sein d’un environnement familial où il manque des ressources nécessaires pour garantir les besoins émotionnels de l’enfant.

Cet environnement est décrit comme un « milieu invalidant ». On en distingue trois principaux types :

  • Les familles où l’expression des émotions n’est pas encouragée parce que c’est une exposition de ses faiblesses et souffrances, ce qui est vécu comme une source de malaise.
  • Les familles où les émotions ne sont reconnues que dans le cas où elles sont extrêmes. Par exemple, des parents qui refusent à leur enfant de lui acheter des bonbons mais qui cèdent après une crise de larmes. L’enfant comprend alors qu’il doit faire des crises intenses pour que ces émotions soient reconnues.
  • Les familles élitistes ayant de fortes attentes envers l’enfant et ignorent totalement ses difficultés ou problèmes. Les signaux de détresse, comme les mauvaises notes ou les mauvais comportements, sont relayés au rang de fainéantise ou de simple mauvaise volonté.

La violence ignorée

Le fait de vivre et grandir dans ces « milieux invalidants » n’expliquent pas toujours le déclenchement du trouble borderline. On note également la forte présence de maltraitances physiques et de violences sexuelles.

Une vaste étude publiée en 2013 « Bordeline personality disorder, exposure to interpersonal trauma, and psychiatric comorbidity in urban primary care patients » rapporte que près de 86 % des personnes borderline ont subi des maltraitances physiques et 62 % des abus sexuels de façon récurrente et pendant plus d’un an.

Il est précisé par les auteurs que l’existence de ces divers abus n’est pas l’origine du développement du trouble borderline, mais le fait qu’ils soient niés ou ignorés par l’entourage.

En clair, l’origine première est le fait que l’enfant se soit retrouvé seul à gérer une détresse psychologique intense.

Comment vivre avec le trouble borderline ?

Que faire quand on est atteint du trouble borderline ?

Le trouble de la personnalité borderline affecte non seulement la personne affectée mais également son entourage, qui vit et subit en même temps les crises de détresse dévastatrices. Comment vivre au mieux avec elles ?

C’est d’abord au malade de prendre soin de lui et de compter sur ses propres ressources.

Les béquilles que sont les traitements médicaux actuels se limitent essentiellement aux antidépresseurs et anxiolytiques. Il est donc également important de suivre une thérapie pour apprendre à mieux gérer ses émotions, sa détresse et développer des relations interpersonnelles plus sereines.

Des outils comme la méditation de pleine conscience, ou la recherche de sens de la vie (pour réduire le risque suicidaire) font partie des outils principaux pour y parvenir.

Au quotidien, la personne doit veiller à :

  • Reconnaître les signes précurseurs de la montée de crise émotionnelle
  • Sécuriser son environnement en veillant à ne pas garder de médicaments d’avance chez soi et d’avoir des techniques de tolérance à portée de main pour changer son état d’esprit : méditer, respirer, imaginer être une pierre, serrer un citron congelé entre les mains, regarder des photos, une série drôle, lire ou faire le ménage.
  • Il est également judicieux de dresser une liste de personnes à appeler en cas d’urgence : le samu, les urgences, son psychiatre.

Respect de tous et honnêteté : les solutions-clés de l’entourage  

Bien qu’assister aux moments de crise de la personne en face de vous soit impressionnant et perturbant, l’entourage doit prendre conscience que ce n’est pas l’enfant ou le conjoint qui s’exprime, mais son mal.

La seule solution pour l’entourage est tout simplement d’attendre que la crise passe.

Il s’agit donc de ne rien faire, ou presque…

Pour aider la personne borderline à passer la crise, la seule conduite possible est de faire preuve de compassion en reconnaissant sa douleur. Parce qu’elle n’est pas dans son état normal, essayer de calmer la personne en appelant à sa raison est voué à l’échec ou à amplifier la crise.

Ce que le proche peut également faire est de la diriger vers des techniques de tolérance à la détresse mentionnées plus haut.

Vivre avec une personne borderline ne doit pas empêcher de vivre sa vie en redoutant de déclencher des crises.

Au contraire même, modeler son comportement en fonction de la personne malade n’est pertinent pour personne. D’une part, à force de se sacrifier, on ne peut que nourrir du ressentiment. D’autre part, on n’envoie pas les bons signaux.

Le besoin quasi-vital de la personne borderline est de pouvoir sentir que son proche est un roc rassurant, garant d’honnêteté et de confiance. Cette honnêteté implique également que le proche confie sa propre détresse et ses réactions lors d’une crise.  La personne borderline n’est pas la seule à souffrir et elle doit le savoir.

Quoiqu’il en soit, ce qui est important de retenir pour un proche, c’est que la situation échappe à son pouvoir. S’il adopte une posture de roc, il aura déjà fait largement sa part.

Et pour le reste, il faut s’en remettre au ciel.

Source : Dr Déborah Ducasse & Véronique Brand-Arpon, Le trouble borderline expliqué aux proches, éditions Odile Jacob, 2021
écrit par

La rédaction

Relations interpersonnelles

Savoir être

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