Osons l’éducation de demain ½

Par Diane Hanouna, Véro Gerin et Amal H - jeudi 11 janvier 2018 - Temps de lecture: 5 minutes et 27 secondes -

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Osons l’éducation de demain ½

La Living School de Caroline Sost

Nous l’avons vu à plusieurs reprises, l’Education Nationale a plus que besoin de réformes. Des écoles alternatives comme Montessori ont déjà immergé et rencontrent un franc succès auprès de parents conscients des lacunes de l’Education Nationale. En effet, cette institution ne semble plus répondre ni aux besoins de l’enfant, ni à ceux de ce monde.

Pour débuter 2018 sous de nouveaux et bons auspices, nous vous présentons ici nos écoles alternatives « coup de cœur », qui ont emboîté le pas de cette prise de conscience. Nous commencerons avec Living School, école bilingue, apparue en 2007 et qui accueille aujourd’hui 87 élèves de la petite section maternelle au CM2. Qu’a-t-elle de particulière ? Nous le verrons, après vous avoir présenté sa fondatrice, Caroline Sost.

Caroline Sost, fondatrice de Living School

« Notre système éducatif […] a plutôt tendance à reproduire de bons exécutants au service d’un système qui est à bout de souffle. »

La fondatrice de Living School, Caroline Sost, sait de quoi elle parle, puisqu’elle-même se définit comme un « parfait produit de notre système éducatif ». Baccalauréat, Grande Ecole de Commerce et enfin poste gratifiant dans une prestigieuse entreprise d’éditions de jeux vidéo. Ce parcours sans faute ne l’épanouit pas pour autant. Elle en comprend les raisons grâce aux cours d’un Master pour le développement du leadership éthique. Ses valeurs ne sont pas en adéquation avec celles véhiculées par son entreprise, et cette situation renforce son besoin d’apporter du sens dans son activité professionnelle.

Huit années s’écoulent avant que Caroline Sost ne subisse un burn out. Celui-ci sera salutaire, car il débouchera sur de nombreuses prises de conscience, comme son aspiration à vouloir travailler avec les enfants ou l’état déplorable du monde et de notre système éducatif. Celui-ci étant incapable de répondre aux besoins d’épanouissement des enfants, et encore moins de les préparer aux défis de demain. « On a besoin de changer la donne », ce qu’elle fera de son côté en créant Living School, une école bilingue dont l’originalité s’articule autour de trois axes :

1er axe : l’école, le lieu pour découvrir son grand trésor et dompter son crocodile

« Quand je me suis lancée dans la création de Living School, la base pédagogique importante était le savoir-être. »

Comment enseigner, concrètement, le savoir-être à un enfant ? L’enseignant met d’abord l’accent sur le potentiel de l’enfant, en expliquant qu’ils en ont tous un, unique et propre à eux. Les tout-petits de la maternelle l’ont baptisé leur grand trésor. Pour bien marquer dans leur conscience qu’ils ont un grand trésor, ils disposent d’un cahier des réussites où ils notent leurs victoires (lire un livre entier, faire du vélo à 2 roues, …). Tout le but étant d’instaurer un climat de confiance en valorisant les enfants. Dans ce cadre, ils apprennent aussi à ne pas se juger entre eux, mais au contraire à toujours repérer le grand trésor de leurs camarades.

Une fois que les enfants ont bien pris conscience qu’ils ont tous un grand trésor, ils apprennent ensuite qu’ils ont un crocodile. Le crocodile représente leur ego, qui se manifeste quand ils sont frustrés ou contrariés. Dès leurs 3 ans, les enfants savent qu’ils ont un croco/ego, mais qu’ils ne sont pas ce croco/ego. Un enseignement plus que précieux. Ils comprennent ainsi qu’une partie de leur travail en classe est d’apprendre à gérer ce croco, incarnation de leurs émotions négatives, pour atteindre leur grand trésor et s’épanouir.

Pour les aider dans leur travail, les instituteurs donnent aux enfants des outils de recentrage, comme la respiration consciente, ou l’utilisation du punching ball comme défouloir. Ils disposent aussi de « jardins zens », des plateaux recouverts de sable où ils peuvent faire des dessins pour se calmer. En parallèle, les enfants ont chacun des objectifs d’évolution. Ainsi, un enfant timide et effacé va être encouragé par les autres à prendre sa place dans le groupe. A l’inverse, un enfant trop envahissant ou dans un rapport de force, va être aidé pour canaliser son énergie. Quant aux plus grands de l’école élémentaire, ils travaillent sur des mises en situation de cas réel dans la gestion émotionnelle et relationnelle. Ils ont ainsi aidé une camarade de classe à gérer une relation à fleur de peau avec sa grand-mère.

Voilà comment est enseigné le savoir-être. Passons maintenant au 2nd axe, le savoir-faire, avec la pratique de l’éco-citoyenneté, en vue de contribuer à l’amélioration du monde.

2nd axe : l’éco-citoyenneté, ou l’école au service de la vie

En plus d’apprendre à lire, écrire, et compter, les enfants sont instruits de la situation économique, sociale et environnementale du monde, et des solutions positives déjà mises en place. Ils deviennent ainsi familiers avec les notions et concepts des énergies renouvelables, de l’agriculture biologique, de la permaculture, de l’architecture durable et des économies alternatives. En plus de ces cours théoriques, il y a aussi les travaux pratiques.

Effectivement, à la Living School, les petits n’attendent pas d’être diplômés pour contribuer à l’amélioration de l’état monde. Grâce aux recherches sur Internet, les enfants ont pu trouver des partenaires comme Actions contre la Faim avec qui ils se sont associés. En peignant et en vendant des assiettes à travers cet organisme, nos bouts de chou ont ainsi pu sauver 7 enfants de la faim pendant 1 an. Ils ont aussi aidé le SDF de leur quartier à passer des nuits au chaud, et ont contribué à faire replanter 722 arbres au Sénégal. On ne peut être qu’admiratifs.

Admiratifs du travail des enfants, mais aussi celui du travail de Caroline Sost, et de son équipe. Le 3ème axe de Living School ne fait d’ailleurs que confirmer la justesse de la vision pédagogique de la fondatrice en intégrant les adultes !

3ème axe : Living School, une école pour petits ET grands

C’est certainement l’axe le plus innovant : Living School n’est pas qu’une école pour enfants, c’est aussi un centre de formation de savoir-être pour adultes. Cette formation est d’abord ouverte aux parents des élèves, bien sûr, pour qu’il y ait une cohérence entre ce que l’enfant a acquis à l’école et vit à la maison. Mais les premiers concernés sont surtout les membres de l’équipe enseignante. Pour pouvoir être habilité à enseigner à Living School, il faut avoir fait un travail sur soi en profondeur. C’est la condition sine qua none. Caroline Sost la justifie ainsi :

« la responsabilité est tellement grande quand on suit une trentaine d’élèves sur plusieurs années, l’enseignant va impulser beaucoup de choses avec sa personnalité avec tout le côté positif. Mais s’il a, à la fois, des traits un peu négatifs, il va aussi faire des dégâts ».

Pour être apte à enseigner le savoir-être, il faut donc être bien dans sa peau et dans sa tête ! Quoi de plus logique ? On ne peut pas enseigner ce que l’on ne connait pas. A ce titre, le centre de formation Living School a formé un bon millier de professionnels de l’éducation. Ces personnes ayant besoin de clés et de repères pour mieux gérer leur classe, et instaurer un climat convivial avec leurs élèves.

Si les adultes sont conscients de la richesse de cet enseignement, qu’en est-il des élèves de Living School ? Que retiennent-ils de ces années et comment évoluent-ils dans l’enseignement secondaire ?

Que deviennent les enfants ?

Il est encore trop tôt pour savoir quels adultes deviendront les élèves de Living School (fondée en 2007). En revanche, nous avons une idée du type d’adolescents qu’ils sont devenus. Grâce à deux réunions dans l’année, les anciens sont invités à une petite fête de retrouvailles. Une occasion pour eux de raconter leur nouvelle vie de collégien. Ce que l’on peut en déduire de leurs récits, c’est que le pari de Caroline Sost est plus que réussi. Comme elle nous le rapporte : « Le fait d’évoluer ailleurs, leur fait mesurer le cadeau qu’ils ont reçu. » Ainsi, beaucoup d’anciens élèves deviennent délégués de classe, et aident volontiers les autres élèves à régler les conflits avec certains professeurs. Ils leur transmettent ce qu’ils ont appris de leurs années à Living School.

Du côté des adultes, ces anciens de Living School sont appréciés pour leur maturité et leur capacité à s’adresser à eux sans crainte ni soumission. Enfin, cerise sur le gâteau, ils sont très bons académiquement. En 2015, une étude montrait que les anciens avaient une moyenne de 16/20.

Si vous êtes intéressés pour voir un des anciens élèves, nous vous invitons à aller visionner l’exposé d’Elmar, où il présente devant une salle entière son l’école, avec confiance et panache !

La prochaine étape pour Living School, sera de démarrer le collège, mais avant, l’école va fêter ses 10 ans. Pour cette occasion, elle s’offre un beau cadeau, avec la sortie du livre de Caroline Sost, le 16 janvier chez Robert Laffont, S’épanouir à l’école.

À suivre…

Source : Propos cités de Caroline Sost recueillis par Véronique Gerin et Diane Hanouna

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