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Petit éloge de la gentillesse

  • mercredi 13 décembre 2017
  • 4 Min de Lecture

Redonner à la gentillesse ses lettres de noblesse

Est-ce bien d’être gentil ? La réponse vous semble évidente ? Pourtant, il y a comme un paradoxe. Quand on dit de quelqu’un : « il est gentil », cela n’a rien de valorisant. On comprend qu’il est niais et bêbête. C’est une vision cynique des gens, et c’est une vision triomphante d’une société marchande et compétitive. La gentillesse est méprisée, parce qu’on y voit le témoignage d’une faiblesse. Ce qui est ironique, comme nous l’apprend dans son livre Emmanuel Jaffelin, c’est qu’initialement, la gentillesse est une vertu militaire, une force, née avec les chevaliers de la Table Ronde. Que s’est-il passé pour que cette force soit devenue faiblesse ? Et pourquoi, selon Emmanuel Jaffelin, la gentillesse reste une force tapie dans l’ombre, et au futur prometteur ?

La gentillesse : les raisons de son déclin

Née avec les légendes arthuriennes de la Table Ronde, la gentillesse était une qualité indispensable aux douze chevaliers, pour qu’ils soient dignes de chercher et de trouver le Graal. Logique, c’est le sang du Christ, et pour que Celui-ci veuille bien aider Lancelot et ses copains, ils doivent incarner les valeurs christiques de l’amour, de la charité et de l’aide à la veuve et à l’orphelin. Leur honneur et statut de « noble chevalier » tenaient donc à ses conditions : être généreux, et prêt à toujours tendre la main vers l’autre. En un mot : être gentil. Aujourd’hui la noblesse, désigne tout autant un rang social qu’une qualité qui désigne une âme élevée. Or c’est par la gentillesse que cette qualité se révélait.

Ce qui reste une légende de Chrétien de Troyes, reflète quand mêmes les principes de la chevalerie du XIIème siècle. Mais avec le temps, les nobles ont oublié leurs valeurs et comme le résume très bien Emmanuel Jaffelin,

« Entre Louis IX et Louis XIV, les nobles ont abandonné l’honneur pour courir après les honneurs ».

Les généreux chevaliers au service du peuple ont laissé place aux vaniteux courtisans carriéristes. Bien mal leur en a pris, les nobles ont connu la guillotine en France, et un long déclin partout ailleurs en Europe. Les bourgeois ont pris la main et ce qui fait désormais la valeur d’un homme ou d’une femme, ce n’est plus son cœur, mais son cerveau. C’est le règne de la débrouille individuelle, de chacun pour soi et de Dieu pour tous. Une idée s’est glissée sous ce nouveau régime : rendre service à l’autre, gratuitement, n’est plus considéré comme un acte noble et fort, mais un témoignage de faiblesse, voire une manœuvre d’escroc. Voilà grosso modo les origines et la « chute » de la gentillesse. Mais si chute il y a eu, la gentillesse n’en a pas morte pour autant.

La gentillesse : une force douce et légère

Parce qu’elle nous élève l’âme et nous rend meilleur, la gentillesse est incontestablement une force. En acceptant de rendre service à l’autre pour un temps donné, on se détache de notre petite personne, et comme le disait Eilleen Caddy :

« On gagne en stature et en grâce. »

De plus nous avions vu que laisser son ego au placard nous permettait d’être plus heureux. C’est pour ces raisons qu’Emmanuel Jaffelin qualifie la gentillesse de vertu chaude et caressante. Elle fait du bien à celui à qui nous rendons service, mais elle nous fait du bien également. Quand on aide une petite dame âgée à trouver un pot de confiture précis au supermarché, un touriste perdu, ou un ami dans l’embarras, leur sourire ou leurs yeux qui vous témoignent de leur reconnaissance vous réchauffent le cœur.

Cette force chaude et caressante, est également légère par la liberté qu’elle nous accorde. Rien ne nous oblige à être tout le temps gentils et serviables. On ne peut pas toujours être au top. Le philosophe vise donc juste quand il précise que

la gentillesse n’est pas un devoir moral, mais un pouvoir moral.

Je rends service parce que je le veux, pas parce que je le dois. Grosse différence. Le devoir est une forme de pression, or mon pouvoir de gentillesse je l’utilise si j’ai l’impression qu’il va être effectif et à mon bon plaisir. Un pouvoir aussi séduisant ne pouvait pas mourir, et Emmanuel Jaffelin voit d’ailleurs dans notre actualité des preuves que la gentillesse, et la douceur qui la caractérise, sont des valeurs d’avenir.

La gentillesse : un pouvoir qui a de l’avenir

Pour notre docteur en philosophie, nous vivons à la charnière de deux époques dans beaucoup de domaine, dont la santé, les énergies et les relations internationales. Chacun de ses domaines repose sur une force brute et efficace, qui a vu apparaitre à terme une force douce. La médecine conventionnelle a vu naitre les médecines douces, les énergies douces (éoliennes et solaires) signent la fin des énergies dures à long terme (fossile, charbon, pétrole), et le softpower s’avère plus efficace que le hardpower. Dans un monde multilatéral, influencer les autres pays par votre mode de vie séduisant est beaucoup plus efficace que sortir votre arsenal nucléaire et jouer les gros bras.

Par ces quelques exemples, nous voyons que douceur n’est pas faiblesse, et l’avenir semble pencher en sa faveur. Espérons-le du moins, et à titre individuel, rien ne nous empêche d’user de notre pouvoir quotidien de gentillesse pour entretenir : « une morale-papillon qui aspire à refonder l’humanisme par la caresse et l’impression plutôt que par le stress et l’oppression ».

Source : Emmanuel Jaffelin, « Petit éloge de la gentillesse », Editions François Bourin, Paris, 2015
écrit par

Camille

Mieux-être & Réussite

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