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La sagesse des loups révélée aux hommes

  • jeudi 26 avril 2018
  • 7 Min de Lecture

De quoi mettre fin au mythe du grand méchant loup 

Le loup nous fascine autant qu’il nous repousse. Il a longtemps fait partie de nos contes et légendes, avec ses grandes dents et ses mauvaises intentions. Aujourd’hui, on le réintroduit dans notre réel en le réinvitant à vivre à côté de nous, dans les forêts, non sans la colère de certains éleveurs inquiets pour leur bétail. Nous vous proposons aujourd’hui d’en savoir un peu plus sur le loup et d’apprendre à le connaitre à travers les yeux d’Elli H. Radinger, une spécialiste allemande des loups. Une « accro » comme elle se définit elle-même. Pendant plus de 30 ans, Elli Radinger a étudié les loups dans leur milieu naturel, à l’état sauvage et en toute liberté dans le parc de Yellowstone. Elle a pu en apprendre ainsi plus sur leur comportement social, et ses conclusions quant à la nature même du loup sauvage n’ont rien à voir avec ce que nous nous sommes longtemps imaginé. Contre toute attente, le loup est très proche de nous dans son comportement, bien plus proches que ne le sont les singes. Selon Elli Radinger, nous devrions même parfois prendre exemple sur les loups, leur style de vie et leur approche de celle-ci ne manquant pas de sagesse. Mais avant de les aborder, revenons sur quelques idées reçues qui ont longtemps fait du tort à notre ami le loup.

Les idées reçues sur le loup
  • Un animal sauvage et solitaire

Pendant très longtemps, on pensait que le loup était un animal solitaire et qu’il ne se regroupait avec quelques-uns de ses congénères qu’en période d’hiver pour chasser le gibier en meute. On sait maintenant que le loup est un animal fondamentalement social, la grande majorité d’entre eux vivent en meute, qui n’est rien d’autre qu’une famille. Une meute de loups se forme quand un loup et une louve décident de se mettre ensemble et de faire des petits. Eux-mêmes et leurs louveteaux de plusieurs portées seront les membres de la meute. Si la meute s’avère être prospère et nombreuse, certains des louveteaux devenus adultes partiront de la meute pour former la leur. Pour éviter la consanguinité, il est aussi possible que la meute adopte un « gendre » ou une « belle-fille » solitaire qui avait quitté leur meute d’origine.

  • Le loup alpha (le dominant) et le loup oméga (le dominé de la meute)

Aujourd’hui, pour désigner les chefs de la meute, le concept de loup alpha ou de louve alpha est largement dépassé. Dorénavant, les chercheurs les appellent les « parents » ou le « couple dominant ». La notion de loup alpha nous vient des études portées sur l’observation du loup en réserve. Or ces observations étaient biaisées, car le comportement d’un loup dans un enclos est différent de celui d’un loup en liberté. Contrairement aux loups de réserves, les loups sauvages ne se disputent pas et ne se battent que très rarement pour la position de chef. Mais parce que dans les enclos l’espace est réduit, les loups entrent en compétition les uns avec les autres. Une hiérarchie s’installe avec en haut de la chaîne, le loup le plus fort et le plus affirmé, qui se servira le premier dans la gamelle. Au bout de la chaîne, le loup dit « oméga » qui subira les brimades et autres agressivités des autres loups. Quelque part, le comportement d’un loup enfermé change autant que celui d’un homme en prison.

Par ailleurs, chez les loups, La position de chef n’est en rien synonyme d’agressivité, et ce n’est pas forcément le plus grand, le plus fort et le plus courageux des loups qui conduit les autres lors d’une chasse ou d’un déplacement. Ce sont les circonstances qui décident de qui prendra les rênes. Ainsi, en fonction de la situation et de ses capacités, n’importe quel loup de la meute peut prendre provisoirement la tête des opérations. En terrain familier, cela peut même être un jeune loup, et le loup dominant ne sent pas son statut remis en question à un seul instant.

Nous sommes donc loin de la bête sanguinaire et sauvage, qui ne s’occupe que de sa panse. Pour nous apporter encore plus de reliefs sur ce superbe animal, Elli H. Radinger nous a rapporté un secret que seuls les spécialistes peuvent connaître : la complicité des loups et des corbeaux.

Les loups et les corbeaux, une amitié improbable et pourtant millénaire 

Bernd Heinrich, un spécialiste des corbeaux l’explique très facilement. Comme le loup, le corbeau est un animal social, mais en plus ils ont eu besoin de l’un de l’autre pour survivre plus facilement dans la nature. Quand les corbeaux repèrent un cadavre de gibier, ils ne peuvent généralement pas en profiter. Leurs becs ne sont pas assez solides ou tranchants pour venir à bout de l’épaisseur du pelage et de la peau. Ils ont besoin de dents et de mâchoires solides. Pour ce faire, ils croissent pour appeler les loups. Et les loups reconnaissent très bien les cris des corbeaux signalant l’heure de la cantine. Cela fait des millions d’années que ce partenariat loup-corbeau fonctionne. Les deux espèces en sont devenues inséparables. Là où se trouve une meute de loups, se trouve également son clan de corbeaux. Les louveteaux sont ainsi habitués à la présence de ces drôles d’oiseaux taquins qui viennent jouer avec eux ou leur voler un bout de viande. Enfin, les corbeaux font office d’aspirateurs de la tanière en se nourrissant des crottes des louveteaux ou en récupérant dans les débris de celles des adultes ce qui leur convient.

Des loups et des corbeaux. Qui l’aurait cru ? Que des animaux, aussi différents décident d’unir leurs forces et leurs destins, est déjà en soi une première preuve de sagesse. Et ce n’est pas la seule.

Les leçons de sagesse des loups
  • Aime ta famille et prends soin de ceux dont tu es responsable

Les louveteaux sont le précieux trésor des loups. Ils sont protégés, choyés et aimés, non seulement par les parents mais aussi les frères et sœurs aînés, et les oncles et tantes. Tout le monde est aux petits soins pour les tout-petits, et ils ont une éducation très permissive. Rien ne leur est refusé, mais ils doivent néanmoins apprendre à vivre avec les règles de la communauté. Au sein d’une meute de loup de la forêt de Yellowstone, Elli Radinger rapporte l’anecdote suivante qui en dit long sur l’éducation lupine. Alors que le groupe marchait, un louveteau était toujours en retard, trop occupé à renifler un arbre ou à jouer avec une pomme de pin. Patients, le reste des loups l’attendaient à plusieurs reprises. Jusqu’à la fois de trop, où ils ne l’attendirent pas. Quand le petit s’en aperçut, il les appela, terrifié de se retrouver tout seul. Sa famille le fit attendre jusqu’au soir avant de se montrer. Mis devant les conséquences que peuvent enduire ses actes, le louveteau comprit la leçon et ne les fit plus attendre. L’éducation des louveteaux concernant aussi bien les mâles que les femelles, cela constitue une des distinctions que les loups ont avec les singes. Hormis le bonobo qui s’occupe des petits pour plaire aux femelles, aucun singe ne s’occupe des petits pas plus qu’ils ne s’occupent des vieux singes, contrairement aux loups, à nouveau.

La vie d’un loup est rude, et au fil des années, beaucoup d’entre eux ont une dentition usée ou de nombreuses blessures. On pourrait croire que le reste de la meute les voit comme des boulets et décident de s’en séparer. Or il n’en est rien. Les vieux loups sont traités avec grands soins par les plus jeunes. Tout comme les blessés de chasse ou d’affrontement avec une autre meute. Elli Radinger rapporte avoir vu des loups régurgiter de la viande prédigérée pour un vieux loup qui n’avaient pratiquement plus de dent. S’ils sont aussi respectés, c’est parce que les loups sont aussi bien conscients de la force de la nature que représente un vieux loup. C’est un survivant avec une grande expérience professionnelle de la chasse et de la stratégie. Statistiquement, une famille de loup avec un ancien loup a 150 % en plus de chances d’attraper une proie. Notre accro des loups raconte l’ingénieuse stratégie d’un vieux loup d’une meute ayant pris en chasse une bisonne qui boitait. En commençant par la fatiguer et en finissant par s’accrocher à sa queue en se laissant trainer de tout son poids, il offrit un boulevard aux plus jeunes loups pour en venir à bout. La meute récolta ainsi 500 kg de viande grâce à la ruse du vieux loup.

Les vieux loups sont traités avec grands soins par les plus jeunes. Tout comme les blessés de chasse ou d’affrontement avec une autre meute.

  • Ne baisse jamais les bras

Le saviez-vous ? Le taux d’échec des loups à la chasse est de 80 %. Contrairement aux lions, aux tigres ou aux guépards, les morsures des loups ne sont pas mortelles. Ils ne possèdent pas de puissantes mâchoires ou de puissantes pâtes aux griffes rétractables. La vie est donc loin d’être facile pour les loups, l’échec est leur quotidien, pourtant ils n’abandonnent jamais. En partie parce qu’ils n’ont pas le choix, mais également parce qu’ils ne vivent pas leur échec comme une humiliation personnelle. Mieux, ils se moquent de réussir du premier coup, que cela soit pour attaquer une meute adverse pour un territoire ou chasser un gibier. Ainsi bien souvent, avant de passer à l’action, les loups prennent leur temps, ce qui est une preuve de sagesse. Devant les difficultés, l’art de la patience, de prendre son temps, de soupeser les solutions face à une difficulté au lieu de se précipiter pour prendre une décision dans l’instant même, est souvent payant. Enfin, quand le loup manque de viande, il sait s’adapter en faisant varier les contenus de son assiette en fonction de son environnement. Et il s’avère que ce n’est pas un carnivore exclusif, certains loups raffolant des courges. Ailleurs, dans les grandes forêts du Nord du Canada, le loup se nourrit de tête de saumons.

  • Ne cesse jamais de jouer

Le jeu est une méthode pratique de communication entre les louveteaux et les loups. Les plus jeunes entraînent souvent les adultes, qui se laissent volontiers faire. Au jeu de combat, le père dominant laisse souvent les jeunes gagner. En échangeant leur rôle « social » et en les apprenant à rester fair-play en respectant la règle du « tu ne fais pas à l’autre ce que tu ne voudrais pas qu’il te fasse », les louveteaux apprennent la coopération, la loyauté et le self-control. Un louveteau trop brutal dans un jeu sera vite délaissé par ses camarades. Mais le jeu des loups ne se limite pas à se bagarrer entre eux. L’un de leur sport favori est de briser la glace des cours d’eau ou de glisser dessus ensemble. Leur péché mignon ? Dénicher des affaires d’humains sur lesquels ils sautent, se roulent dessus et déchiquettent à grande joie. Quel que soit l’âge d’un loup, le louveteau ne semble jamais être parti quand il s’agit de jouer. Et, ils ont bien raison, savoir jouer et ne pas se prendre au sérieux est un excellent principe de bien-être.

Pour aller plus loin : Elli H. Radinger, « La sagesse des loups », Guy Trédaniel, 2018
écrit par

Camille

Mieux-être & Réussite

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