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Les dérives du développement personnel

  • mis à jour le vendredi 4 juin 2021
  • 5 Min de Lecture

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Les dérives du développement personnel

Critiques du développement personnel

Le développement personnel n’a pas que des amis. Evidemment. Dès lors qu’une personne, un objet ou une idée rencontre du succès, apparaissent en même temps ses détracteurs.

La critique la plus répandue étant que le développement personnel est une escroquerie intellectuelle destinée à ruiner les naïfs incapables de se débrouiller seuls et de lire Heidegger.

Mais limiter le développement personnel aux livres tels que « Les 5 secrets du bonheur », ou au coach Américain qui harangue la foule à coup de « You can do it guys ! », c’est ne pas le connaître du tout. Et l’ignorance enduite de mépris nous commande de lui retourner la politesse.

En revanche, quand une critique est intéressante, on se doit d’en tenir compte. C’est notamment le cas de celle apportée par Thierry Jobard, un libraire spécialisé en sciences humaines et auteur de l’essai « Contre le développement personnel » paru aux éditions Rue de l’échiquier.

Son ouvrage s’ouvre ainsi : « Le développement personnel est probablement l’une des plus belles inventions de notre temps, il serait injuste de ne pas reconnaître les bénéfices qu’il procure et de ne pas lui accorder l’attention qu’il mérite ».

Seulement, la vocation du développement personnel, qui est celle de nous faire du bien, peut être détournée et se retourner contre nous sur un plan politico-social et au sein des entreprises.

Les dangers du développement trop personnel

L’abandon de la Cité

La première critique, la plus évidente, est celle que le développement personnel soit trop personnel et aboutisse à un délaissement total des enjeux politiques et sociaux, autrement dit délaisse la vie de la Cité. Ce qui n’est pas sans danger pour la démocratie comme l’avait écrit, presque 200 ans avant, Tocqueville.

Ce que ce génie avait vu est d’ailleurs doucement en train d’advenir. Si on regarde notre propre Cité, on constate des fractures sociales béantes, des inégalités économiques croissantes, des libertés et conditions de vie (chèrement acquises par nos grands-parents et aïeux) disparaître au nom de la nécessité de soutenir un système à bout de souffle.

Et ce que note Thierry Jobard, c’est un discours récurrent du développement personnel affirmant que le bonheur et le bien-être ne dépendent que de soi. Et que le développement personnel doit s’affranchir des réalités économiques, politiques et sociétales.

Non seulement toutes les études en la matière prouvent le contraire, mais le bon sens suffit à en comprendre l’aberration.

La servitude volontaire

Notre existence n’est pas préservée du contexte politique et social dans lequel elle évolue. Ou alors est-ce à affirmer (sans rire ni rougir) que les Russes sous la terreur stalinienne auraient eu une vie sereine grâce à la pratique de la cohérence cardiaque ?

Est-ce à dire, aujourd’hui, que les inégalités sociales, les droits des femmes et les bouleversements climatiques doivent nous laisser de marbre ? Devons-nous nous libérer de cette « vilaine » émotion qu’est la colère par une petite méditation et vivre l’instant présent en sourds, aveugles et muets en attendant que cela passe ?

Si c’est le cas alors cela revient à embrasser la servitude volontaire décrite par La Boétie à 16 ans. Un âge où la demi-mesure est rarement conviée. Radical, La Boétie soutient que les esclaves, plus nombreux que les maîtres, n’ont qu’à s’en prendre à eux même si leurs conditions de vie leur déplaisent. En fait, s’ils étaient honnêtes avec eux-mêmes, ils reconnaîtraient que leur position leur octroie un certain confort et plaisir qu’ils ne sont pas près de troquer contre plus de liberté, et donc de responsabilités.

Les dessous du « happy » management

 Du bonheur au travail

S’il est un endroit où le développement personnel s’est imposé, c’est au sein des entreprises. Et ce, pour le bien-être des collaborateurs, du moins officiellement. Mais qu’en est-il en réalité ?

D’une part, on peut s’intéresser sur les raisons qui ont poussé les entreprises à s’occuper du bien-être des collaborateurs : est-ce une démarche purement philanthropique ou calculée ? Après tout, il a été maintes fois démontré qu’un salarié est beaucoup plus productif heureux que malheureux .

Dans les années 1940-1950, les travaux en psychologie du travail d’Abraham Maslow ont dévoilé nos motivations qui découlent de nos 5 besoins. Le premier étant la survie et le second le besoin de sécurité. Dans le monde de l’entreprise, cela s’est traduit par des conditions qui permettent un stress minimum : un CDI, un salaire et des horaires fixes.

Puis, quelques décennies plus tard, les neurosciences sont arrivées et sont venues bousculer la Pyramide de Maslow en stipulant que le bonheur dépend avant tout de notre état d’esprit reposant sur le 5e besoin qui est l’estime de soi et le désir d’accomplissement.

Et dans une société d’abondance, où la sécurité est plus ou moins acquise, ce besoin se conçoit et devient le premier credo des entreprises. Le premier credo mais pas le premier objectif qui reste la rentabilité maximale pour un coût minimal en effectif et ressources matérielles.

Les visées du développement personnel en entreprise

Sous couvert de voir leurs collaborateurs s’épanouir en les rendant plus autonomes et en leur donnant des clés de développement personnel pour qu’ils optimisent leur flexibilité, résilience, performance et potentiels, l’entreprise ne cherche pas à les rendre heureux mais plus efficaces.

Preuve en est, c’est que les besoins de sécurité des collaborateurs sont complètement niés. De même que l’équilibre de vie Pro/perso nécessaire à une vie bonne et heureuse.

Nous travaillons toujours plus, pour le même salaire, et dans des conditions toujours plus stressantes et insécurisantes. Des cadres supérieurs aux caissières et gardiens d’immeuble, n’importe qui peut le constater. Et tout cela dans un contexte de marché du travail toujours plus incertain.

Qui peut croire sincèrement que 2 séminaires annuels de développement personnel empêcheront les burn-out et la consommation des anxiolytiques ?

Comment éviter les dérives du développement personnel ?

Ce n’est pas tant le développement personnel que critique Thierry Jobard que son utilisation détournée dans une logique néolibérale.

Ce même modèle qui ne juge que par la croissance, l’efficacité et la rationalité. Et qui pourtant manque cruellement de ces deux dernières qualités quand il s’agit de pallier les conséquences environnementales et sociales qu’il engendre.

Le développement personnel doit nous aider à mobiliser nos forces vitales qui sont physiques, mentales et intellectuelles. Il doit nous aider à rester debout, pas nous mettre à genoux et rendre supportable ce qui ne l’est pas.

En cela, le développement personnel est un outil, pas une fin en soi. Ce n’est pas une solution miracle aux problèmes qui, si elle échoue, n’est que la conséquence d’un manque de volonté. Un manager qui le présente comme tel se joue de ses collaborateurs.

Pour que le développement personnel ne devienne pas une chaîne peinte en rose, instinct et intuition, force d’âme et esprit critique doivent lui être associés. Ce sont même précisément ces qualités que l’on doit développer.

Sans cela, il ne répond en rien à son objectif d’épanouissement et d’accomplissement. Il devient, dans le pire des cas, un outil redoutable pour voir ériger le meilleur des mondes façon Huxley.

Et qui veut de ça ?

Source : Thierry Jobard, Contre le développement personnel, éditions Rue de l’échiquier, 2021
écrit par

La rédaction

Époque

Société

Sagesse & philosophie

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